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lundi 16 mai 2011

Stephen Harper et les suçeuses de sang



UNE EXCLUSIVITÉ DE CAPITAINE CARAMEL

(Halifax, N-É) Le premier ministre Harper a démontré une vive inquiétude face à la montée du phénomène des suçeuses de sang. L'apparition récente de ces prédatrices en territoire canadien crée des remous non seulement dans la chaîne alimentaire mais aussi dans l'économie, ce qui est farfelu en plus d'être quelque peu effrayant.

« Je l'ai dit, je le répète : je ne suis pas un homme très joli », a déclaré l'actuel dirigeant canadien. « Lorsque vous êtes une personne laide, vous n'avez d'autre choix que de démontrer une intolérance grandiose face à tout ce qui semble le moindrement coquet », a-t-il renchéri. Il est vrai que sa laideur exceptionnelle est source d'inconfort, mais particulièrement au Québec, là où la population est beaucoup plus sensible aux questions d'esthétique que dans le reste du Canada.

Émile Rigaud, du journal Les Affaires, a été le premier à aborder le sujet des suçeuses de sang. Il a en effet défié le premier ministre de se prononcer sur la dernière édition du calendrier des lutteuses russes, qui ont été les premières à être infectées par la bactérie qui transforme les femmes banales en redoutables suçeuses de sang. Visiblement inconfortable, le premier ministre a immédiatement lancé un poignard dans l’œil du désormais défunt journaliste. Non surprise de l'attitude négative du premier ministre, la foule (surtout composée de journalistes) s'est mise à applaudir de façon sarcastique, tout en maugréant.

Un membre de l'assistance a eu l'idée, pour confronter le premier ministre, de se mettre à fredonner la chanson « I Feel Like A Woman », de la grande chanteuse canadienne Shania Twain. Il est pertinent de rappeler que Shania Twain, en plus d'être l'ennemie jurée de Stephen Harper depuis leur célèbre altercation dans une allée de bowling de Charlottetown, est la porte-parole de l'association canadienne de défense des suçeuses de sang (ACDSS).

L'irritation du premier ministre était palpable, notamment en raison de ses veines frontales qui semblaient être sur le point d'éclater. La situation prit des proportions démesurées lorsque la célèbre diva fit son apparition dans la salle. En fait, elle y était déjà, sauf qu'elle portait ce subtil déguisement afin de maximiser l'effet « wow » de son entrée en scène :

Shania Twain, habilement costumée.

Après avoir interprété son fameux hymne féministe, qui a pris un tout autre sens depuis l'apparition des suçeuses de sang, Shania Twain a déclaré : « Que l'on me comprenne bien : je n'aurai de repos que lorsque tous les Canadiens et Canadiennes, même les suçeuses de sang, pourront vivre dans une société ouverte à la différence et prête à se faire suçer le sang ».

Le premier ministre a alors sorti un chat de son veston puis lui a versé le contenu d'une canette de Pepsi Diète aromatisé à la lime dessus, avant de le déposer sur un pèse-personne de marque Canadian Tire. « Arrêtez de chanter ! » a-t-il huré, « Aaaaaarrêtez de chaaaaaaaanter !!! ». Monsieur Harper, dont on ignorait les talents d'acrobate, a alors fait un salto arrière avant d'incanter une force démoniaque issue de la mythologie latine. Une entité mystique est alors apparue dans la salle, et a pris possession du chat, qui a lancé des rayons laser en direction de tous les journalistes, sauf moi, qui a eu la brillante idée d'enfiler le costume de Youppi.

Ce fut là une journée bien particulière.

lundi 20 décembre 2010

Mouvement collectif « my ass »

Commentaire envoyé par votre Capitaine à la STM suite à sa décision d'exclure le journal Métro du réseau souterrain et de conclure un partenariat avec Québécor pour la distribution du chic journal 24H. J'ai aussi envoyé cette saute d'humeur aux deux quotidiens, bien que je doute que ni l'un ni l'autre fasse le choix de la publier.

C'est avec grande déception que j'ai appris votre décision de distribuer le journal 24h dans le réseau du métro. Vous aviez l'occasion de vous tenir au-dessus de la mêlée, et vous l'avez fait pendant plusieurs années, mais pour une raison mystérieuse vous choisissez de vous plier devant l'indécence crasse de Québécor. En fait, cette raison n'est pas vraiment mystérieuse, il est clair que c'est une question d'argent. J'ai ressenti un malaise en lisant votre communiqué, dans lequel vous disiez que cette décision était la meilleure que la STM pouvait prendre pour elle-même ainsi que sa clientèle. Je regrette, mais cela démontre que vous n'avez que peu de respect pour vos clients. En quoi est-ce que le journal Métro nuisait à votre clientèle ? En quoi est-ce qu'un partenariat avec un empire absolument méprisant, rétrograde et puérile, qui fout ses employés en lock-out et qui bouffe tout sur son passage, est une bonne chose pour votre clientèle ? C'est d'un ridicule absolu, et vos intentions politiquement correctes tombent à plat.

J'ignore par qui a été prise cette décision mais il est clair qu'elle va dans le sens de l'étroitesse d'esprit, du populisme, du mépris.

La section « Monde » du 24h fait une demie-page. La section « Arts et spectacles » louange tout ce que possède monsieur Péladeau et fait un semblant de mention au reste. Je me demande ce qui fera la une de ce « journal » lorsque Star Académie recommencera à l'hiver. Ce torchon fait 80 PAGES PAR JOUR. 80 !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Dont au moins la moitié de publicité !!!!! Roulons en transport en commun, mais distribuons une parodie de journal qui constitue une pollution en soit.

SVP, au lieu de prendre vos clients pour des imbéciles en leur disant que ce partenariat est pour leur bien, ayez au moins l'audace à l'avenir de leur dire quand vous prenez des décisions purement mercantiles. C'est vrai que ça prend des couilles, par exemple, mais il doit bien avoir quelqu'un chez vous qui en a.

Mouvement collectif ? Allez en parler au 253 lock-outés de Québécor, j'aimerais bien entendre ce qu'ils auraient à vous répondre.

mardi 8 décembre 2009

Petite allégresse pré-février

Vous savez quoi ? J'ai débuté ma vie professionnelle chez Desjardins, une institution pour laquelle j'ai toujours beaucoup d'affection. Stupéfait d'avoir un gestionnaire jaloux et peureux, et encore plus incrédule de réaliser que mes interventions à ce sujet n'étaient pas prises au sérieux par sa gestionnaire, j'ai fait une grande scène et j'ai vogué vers une illusion qui s'est avérée être une catastrophe notoire. J'ai été travailler pour la banque Scotia.

Au risque de me faire poursuivre (j'en ai déjà vu d'autres), je clâme haut et fort ma certitude selon laquelle cette « banque » est runnée par une bande d'amateurs impérialistes anti-francophones pro-vie élitistes de droite accusant de nombreux retards aux niveaux intellectuel et humain, entre autres choses.

Je m'éloigne de mon sujet (comme à l'habitude). Me demander d'abandonner mes invectives passionnées serait l'équivalent de demander au pape d'abandonner son côté religieux.

Je voulais simplement prendre quelques secondes pour partager avec vous la joie que je ressens en songeant à un mois de février où j'aurai du temps libre. En effet, ces sept années passées dans le domaine bancaire m'auront fait vivre le calvaire pendant l'une des périodes les plus difficiles pour l'être humain : la fin de l'hiver. Je n'ai rien contre l'hiver, remarquez. Sauf qu'après deux-trois mois, j'me tanne, j'suis prêt à passer à autre chose, quoi.

Imaginez, un instant, être OBLIGÉ de faire du temps supplémentaire alors que la température vous a déjà transformé en créature pâlotte à la complainte trop facile. En gros, on exigeait de moi - et de mes collègues... it's not always about me - une heure d'overtime à chaque jour pendant les deux premières semaines de Févrichier (un petit surnom que je viens d'adopter à l'instant). La semaine suivante, eh ben, c'était deux heures par jour. Et la dernière semaine, tel que stipulé dans le best-seller Comment détruire toute possibilité de rébellion chez la main-d'oeuvre en manque de soleil et de vie sociale en dix étapes simples, on ne se risquait à aucun engagement avec comme faible justification les mystérieux et glauques besoins d'affaires. Capables de prévoir quand est-ce que l'économie va reprendre, mais capable de faires des osties d'horaires qu'y'ont d'l'allure. Fuck off !

Mes amis, j'anticipe avec grand enthousiasme (alerte au possible pléonasme !) l'année 2010, la première depuis trop longtemps déjà où ma qualité de vie ne souffrira pas des incorrigibles procrastinateurs qui s'obstinent machinalement à ne pas vouloir profiter des nombreux bienfaits des virements automatiques. Votre détermination n'a d'égal que votre insensibilité face aux travailleurs du domaine de la finance.

À tous mes anciens collègues : que le Dieu bancaire soit avec vous... et avec votre esprit.

vendredi 19 juin 2009

Conseil marketing

Aux fabricants de M. Net : il serait grand temps de lui inventer un fils qui porterait le nom de Dirty Boy. J'sais pas, me semble que ça me motiverait à en acheter — et je suis certain de ne pas être le seul homosexuel-gai de cet avis. Faire son ménage en fantasmant : une bonne stratégie pour faire de l'argent !

lundi 15 juin 2009

OVNI Olympique


Je l'aime, cette bâtisse.

J'ai toujours été fasciné par son air de soucoupe volante. J'ai la ferme conviction que, le temps venu, la tour inclinée va se replier sur la structure afin de permettre à cette dernière de tournoyer à une vitesse phénoménale pour ensuite s'envoler loin loin loin dans l'espace.

Aussi, en regardant attentivement le haut de la tour, il m'arrive parfois de voir le visage d'un robot à trois yeux avec une lampe frontale, qui a une très grande bouche de laquelle sortent d'énormes fils métalliques.

Si ça peut vous rassurer, je tiens à vous dire que ces observations se manifestent en général lorsque j'ai fumé un peu. J'suis pas si crackpot que ça.

Mon oeil !

J'ai souvent les émotions qui virevoltent. Bon, ceux qui me connaissent n'en seront vraiment pas surpris, et je ne peux les blâmer car il est vrai que j'ai toujours été du genre imprévisible, même si ça a tendance à s'améliorer avec le temps. En général d'une bonne humeur à toute épreuve, il m'arrive plus ou moins fréquemment d'exploser, et ce souvent pour pas grand chose.

Ce matin par exemple, je me suis vraiment levé du bon pied. Je me sentais taquin et jovial. Jusqu'à ce que vienne le temps de mettre mes lentilles cornéennes (ceux qui en portent comme moi peuvent d'ailleurs probablement anticiper l'explosion à venir). J'ai commencé par l'oeil droit, avec lequel j'ai toujours eu plus de facilité. Succès ! Du premier coup, en plus : c'est rare. Fort de cette expérience positive, je m'attaquai donc à l'oeil gauche. C'est alors que je me suis rappelé que, malgré les progrès récents, je suis toujours en proie à de soudains écarts émotifs qui font de moi une personne théâtrale.

C'est que, voyez-vous, je suis bélier (ascendant bélier, en plus). Traduction : peu importe les efforts que ça prendra, peu importe l'énergie que je devrai y consacrer, peu importe les obstacles, les difficultés, les pronostics me donnant perdant, j'arriverai à dessein. Parole de Capitaine. Demandez à qui vous voudrez, vous aurez la confirmation qu'on ne m'aura que très rarement vu baisser les bras. Que ça soit pour réussir à laver le fond des énormes coupes à vin (situation trop souvent blasphématoire) ou encore pour gagner le coeur d'un bel homme, je suis d'une persévérance et d'une ingéniosité hors-pair. Le cas échéant, et cela dépendra bien entendu de la gravité de l'échec, je me trouve hors de ma zone de confort et je réagis comme je peux. Bien souvent, cela se résume à une crise de nerfs typique dont la durée est général assez brève qui sera vite oubliée.

Mon verre de contact, donc. J'ai tenté une bonne quinzaine de fois de le mettre dans mon oeil sans ressentir la douleur indescriptible du verre de contact mis tout croche, sans succès. Je ne suis pas le seul à qui ça arrive, bien sûr. Je suis par contre peut-être l'un des seuls à réagir en toute démesure face à cette déception dont je me serais bien passé. Vous auriez dû me voir, lancer de toutes mes forces la lentille délinquante en direction de la toilette : telle une feuille de papier qu'on tente de lancer à un endroit bien précis mais qui fait plutôt le choix de rire de nous, ma lentille s'est tranquillement abîmée à quelques centimètres de moi. On repassera pour la crédibilité. Peu importe, je n'avais pas envie de porter mes lunettes aujourd'hui : c'est donc dans la vulgarité et dans l'aggressivité la plus risible que je me suis résigné à les porter.

Enfin. Comme je vous le disait précédemment, ces situations se font de plus en plus rares et j'en suis bien content. Auparavant, j'étais hautement caractériel : mes sautes d'humeur étaient, en plus d'être fréquentes et généralement astronomiques, rarement justifiées. Je me définissais un peu par ce trait de caractère, d'ailleurs. Avec le temps, j'ai appris à ménager un peu mon côté spectaculaire : less is more, comme ils disent. Je suis bien content de constater que j'ai réalisé d'énormes progrès dans ce domaine, et chaque fois que je glisse un peu, je me trouve franchement drôle. Se fâcher ainsi pour un stupide vers de contact, c'est forcément ridicule. La scène qui s'ensuivit aussi, donc. Une chance que je ne me prends pas toujours au sérieux !

mercredi 10 juin 2009

CAPS LOCK

JE TROUVE QUE L'OPTION CAPS LOCK EST L'UN DES ÉLÉMENTS LES PLUS CONTRE-PRODUCTIFS QUE L'ON PUISSE IMAGINER DANS LA VIE. BIEN FRANCHEMENT, À QUAND REMONTE VOTRE DERNIÈRE UTILISATION INTENTIONNELLE DE CETTE FONCTION ? AVOUEZ QUE C'EST PLUTÔT RARE QU'ON APPUIE SUR CAPS LOCK PAR CHOIX. IL SERAIT INTÉRESSANT QU'UN JOUR, QUELQU'UN PENSE À INVENTER UN PROCÉDÉ PAR LEQUEL ON POURRAIT RENDRE INACTIVE CETTE OSTIE DE TOUCHE. ÇA ME REND AGGRESSIF CETTE AFFAIRE-LÀ ET EN PLUS ÇA VA ME RENDRE CARDIAQUE, J'VOUS L'DIS MOI.

vendredi 29 mai 2009

Vous n'avez aucun nouveau message

Mon statut Facebook du jour : bonjour, mon nom est Stéphan et je vérifie mes courriels de deux à trois cent fois par jour.

J'ai mis cet énoncé en ligne pour essayer de faire rire un peu, en cette journée décidément bougonne. Ce n'est que quelques minutes plus tard que j'ai réalisé toute l'énormité de la chose : peut-être mon subconscient serait-il en train d'essayer de me passer un message ?

C'est que, voyez-vous, ça a tout le potentiel de devenir problématique. Ça n'est pas encore incontrôlable, mais j'ai tout de même développé une dépendance certaine. Remarquez, cela a quand même un côté positif en travaillant mon humeur : je ne suis plus autant contrarié que je l'étais auparavant lorsque, 98% du temps, je ne reçois pas de nouveau message. C'est une petite consolation, quand même !

(Pause pour vérifier la boîte de réception)

N'empêche, je n'aurais jamais dû, au départ, me procurer l'un de ces téléphones intelligents. Tout d'abord, je suis bien trop distrait et gaffeur pour avoir en main un appareil coûtant plus de 100$ : vous savez, la gravité n'est vraiment pas ma meilleure alliée. Ensuite, je ne suis vraiment pas quelqu'un que l'on pourrait qualifier de technophile. Je n'utilise (à peu près) pas les fonctions pourtant attrayantes de mon téléphone. J'ai été bien amusé les deux-trois premiers jours de naviguer sur YouTube et de jouer au jeu de la petite boule qu'y faut pas faire tomber dans le trou, je m'en suis toutefois vite lassé.

Je blâme pour cela mon déficit flagrant d'attention, pour lequel je blâme la société (pourquoi pas).

(Pause pour vérifier la boîte de réception)

Alors voilà, je commence sérieusement à en avoir ras-le-melon d'être soumis à cette technologie. Devrais-je m'en débarrasser ? Chose certaine, mon prochain appareil mobile sera un téléphone. Les BlackBerry, c'est pour les zombies torontois et les trippeux de technologie. Non, vraiment, j'ai l'impression de brimer l'intégrité intellectuelle de ce pauvre gadget en le réduisant à une simple tâche, et je suis du genre à avoir peur qu'il se révolte en m'infligeant d'une terrible malédiction.

J'imagine tellement bien la manchette : jeune homme électrocuté par son téléphone qui en avait marre de ne pas être apprécié à sa juste valeur. Je serais peut-être mort, mais au moins je pourrais me vanter d'être à l'origine de l'implation d'un guide pour le traitement éthique des téléphones intelligents afin de ne pas les froisser. Ils m'en seraient éternellement reconnaissants et regretteraient peut-être ainsi d'avoir mis un terme à mon existence.

Est-ce que je vous ai déjà dit que je faisais de l'insomnie ?!