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lundi 16 mai 2011

Stephen Harper et les suçeuses de sang



UNE EXCLUSIVITÉ DE CAPITAINE CARAMEL

(Halifax, N-É) Le premier ministre Harper a démontré une vive inquiétude face à la montée du phénomène des suçeuses de sang. L'apparition récente de ces prédatrices en territoire canadien crée des remous non seulement dans la chaîne alimentaire mais aussi dans l'économie, ce qui est farfelu en plus d'être quelque peu effrayant.

« Je l'ai dit, je le répète : je ne suis pas un homme très joli », a déclaré l'actuel dirigeant canadien. « Lorsque vous êtes une personne laide, vous n'avez d'autre choix que de démontrer une intolérance grandiose face à tout ce qui semble le moindrement coquet », a-t-il renchéri. Il est vrai que sa laideur exceptionnelle est source d'inconfort, mais particulièrement au Québec, là où la population est beaucoup plus sensible aux questions d'esthétique que dans le reste du Canada.

Émile Rigaud, du journal Les Affaires, a été le premier à aborder le sujet des suçeuses de sang. Il a en effet défié le premier ministre de se prononcer sur la dernière édition du calendrier des lutteuses russes, qui ont été les premières à être infectées par la bactérie qui transforme les femmes banales en redoutables suçeuses de sang. Visiblement inconfortable, le premier ministre a immédiatement lancé un poignard dans l’œil du désormais défunt journaliste. Non surprise de l'attitude négative du premier ministre, la foule (surtout composée de journalistes) s'est mise à applaudir de façon sarcastique, tout en maugréant.

Un membre de l'assistance a eu l'idée, pour confronter le premier ministre, de se mettre à fredonner la chanson « I Feel Like A Woman », de la grande chanteuse canadienne Shania Twain. Il est pertinent de rappeler que Shania Twain, en plus d'être l'ennemie jurée de Stephen Harper depuis leur célèbre altercation dans une allée de bowling de Charlottetown, est la porte-parole de l'association canadienne de défense des suçeuses de sang (ACDSS).

L'irritation du premier ministre était palpable, notamment en raison de ses veines frontales qui semblaient être sur le point d'éclater. La situation prit des proportions démesurées lorsque la célèbre diva fit son apparition dans la salle. En fait, elle y était déjà, sauf qu'elle portait ce subtil déguisement afin de maximiser l'effet « wow » de son entrée en scène :

Shania Twain, habilement costumée.

Après avoir interprété son fameux hymne féministe, qui a pris un tout autre sens depuis l'apparition des suçeuses de sang, Shania Twain a déclaré : « Que l'on me comprenne bien : je n'aurai de repos que lorsque tous les Canadiens et Canadiennes, même les suçeuses de sang, pourront vivre dans une société ouverte à la différence et prête à se faire suçer le sang ».

Le premier ministre a alors sorti un chat de son veston puis lui a versé le contenu d'une canette de Pepsi Diète aromatisé à la lime dessus, avant de le déposer sur un pèse-personne de marque Canadian Tire. « Arrêtez de chanter ! » a-t-il huré, « Aaaaaarrêtez de chaaaaaaaanter !!! ». Monsieur Harper, dont on ignorait les talents d'acrobate, a alors fait un salto arrière avant d'incanter une force démoniaque issue de la mythologie latine. Une entité mystique est alors apparue dans la salle, et a pris possession du chat, qui a lancé des rayons laser en direction de tous les journalistes, sauf moi, qui a eu la brillante idée d'enfiler le costume de Youppi.

Ce fut là une journée bien particulière.

lundi 20 décembre 2010

Mouvement collectif « my ass »

Commentaire envoyé par votre Capitaine à la STM suite à sa décision d'exclure le journal Métro du réseau souterrain et de conclure un partenariat avec Québécor pour la distribution du chic journal 24H. J'ai aussi envoyé cette saute d'humeur aux deux quotidiens, bien que je doute que ni l'un ni l'autre fasse le choix de la publier.

C'est avec grande déception que j'ai appris votre décision de distribuer le journal 24h dans le réseau du métro. Vous aviez l'occasion de vous tenir au-dessus de la mêlée, et vous l'avez fait pendant plusieurs années, mais pour une raison mystérieuse vous choisissez de vous plier devant l'indécence crasse de Québécor. En fait, cette raison n'est pas vraiment mystérieuse, il est clair que c'est une question d'argent. J'ai ressenti un malaise en lisant votre communiqué, dans lequel vous disiez que cette décision était la meilleure que la STM pouvait prendre pour elle-même ainsi que sa clientèle. Je regrette, mais cela démontre que vous n'avez que peu de respect pour vos clients. En quoi est-ce que le journal Métro nuisait à votre clientèle ? En quoi est-ce qu'un partenariat avec un empire absolument méprisant, rétrograde et puérile, qui fout ses employés en lock-out et qui bouffe tout sur son passage, est une bonne chose pour votre clientèle ? C'est d'un ridicule absolu, et vos intentions politiquement correctes tombent à plat.

J'ignore par qui a été prise cette décision mais il est clair qu'elle va dans le sens de l'étroitesse d'esprit, du populisme, du mépris.

La section « Monde » du 24h fait une demie-page. La section « Arts et spectacles » louange tout ce que possède monsieur Péladeau et fait un semblant de mention au reste. Je me demande ce qui fera la une de ce « journal » lorsque Star Académie recommencera à l'hiver. Ce torchon fait 80 PAGES PAR JOUR. 80 !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Dont au moins la moitié de publicité !!!!! Roulons en transport en commun, mais distribuons une parodie de journal qui constitue une pollution en soit.

SVP, au lieu de prendre vos clients pour des imbéciles en leur disant que ce partenariat est pour leur bien, ayez au moins l'audace à l'avenir de leur dire quand vous prenez des décisions purement mercantiles. C'est vrai que ça prend des couilles, par exemple, mais il doit bien avoir quelqu'un chez vous qui en a.

Mouvement collectif ? Allez en parler au 253 lock-outés de Québécor, j'aimerais bien entendre ce qu'ils auraient à vous répondre.

samedi 4 décembre 2010

Être soi-même, c'est être bien

(Titre excessivement cliché, mais vous comprendrez pourquoi je l'ai choisi à la toute fin de ce billet)

Parce que j'avais la ferme impression de n'avoir rien fait de mal, je me questionnais quant à savoir pourquoi je devais « avouer » mon homosexualité. J'avais de la difficulté à saisir pourquoi je devais prendre mon courage à deux mains pour dévoiler au grand jour cette réalité qui m'habitait depuis si longtemps. Est-ce qu'une personne hétérosexuelle doit l'admettre à ses parents, à ses amis, à son entourage ? Bien sûr que non, c'est ce que la société attend, et c'est pernicieux. C'est pourquoi à mes yeux, et aux yeux de bien d'autres j'en suis sûr, il est incongru que l'on étiquette les individus avant qu'ils n'aient la maturité, l'expérience et le vécu nécessaires pour avoir au moins une petite idée de la personne qu'ils sont.

Ça, c'est aujourd'hui que je le réalise. Le chemin que j'ai parcouru jusqu'à présent me permet de comprendre qu'on ne change pas tellement avec le temps, c'est plutôt une évolution (parfois) tranquille de la personne que nous sommes déjà et que nous serons toujours.

Je réalise également que je m'éloigne facilement de mon sujet. Je laisse donc de côté ma critique de la société et de ses conventions pour vous raconter comment j'ai découvert mon homosexualité, puis comment je l'ai annoncé à ceux que j'aime, à ma mère particulièrement. Personnellement, j'ai été extrêmement chanceux et je trouve que j'ai une belle histoire à raconter.

Rétrospectivement, j'ai toujours su que j'étais attiré par les hommes. Évidemment, c'est surtout lorsque la puberté est arrivée que cette attirance s'est concrétisée, mais néanmoins elle a toujours été présente dans mon corps, dans ma tête. Je me rappelle très bien la période ingrate qu'est le début du secondaire, âge auquel nous avons tous tenté de survivre, si tant est que cela soit possible. Confronté par des désirs qui n'étaient pas considérés comme normaux, j'ai jugé qu'avoir une relation avec une fille aurait été en mesure de me « réparer » et que mon appétit pour le regard des autres gars allait finir par disparaître.

Tout d'abord, il aurait fallu que ça marche. J'ai essayé, j'ai tellement essayé de développer la moindre chose que ce soit avec n'importe quelle fille, il n'y avait rien à faire. Soit que je m'y prenais vraiment mal, soit qu'elles savaient déjà qu'il n'y avait pas d'espoir à avoir avec moi. C'est probablement un mélange des deux.

N'ayant pas de gais dans mon entourage, ni dans ma famille ni dans mon cercle d'amis, je me sentais un peu isolé. J'aurais aimé avoir la chance de pouvoir en parler avec quelqu'un, il me semble que ça m'aurait aidé à dédramatiser la chose. Parce qu'il n'y a rien de grave ou de mauvais dans la découverte de sa sexualité. Au contraire, avec le recul je vois ça comme un épanouissement.

J'ai donc été un peu autodidacte dans le processus. Après l'énième rejet d'une fille, j'ai lâché prise. J'ai réalisé qu'il était plutôt contre-productif de lutter contre soi-même. Quand on est enfant, les choses sont fort simples : on n'a que très peu de questions à se poser. Que je regrettais donc cette époque ! N'ayant pas peur du défi, je me suis dit que je n'allais pas passer ma vie à regretter une époque qui n'aura duré qu'une quinzaine d'années tout au plus. J'ai donc enfilé mes gants de boxes et j'ai changé le monde. Excès... j'ai plutôt changé mon monde.

Dire que j'y suis arrivé seul serait présomptueux. Disons que j'ai eu l'aide d'une petite machine qui, en émettant des bruits bizarroïdes et agressants, parvernait à se connecter au réseau Internet - à condition d'avoir l'autorisation de la famille pour monopoliser la ligne téléphonique. Difficile d'obtenir un consensus à ce sujet. Enfin, Internet, disais-je.

Ce moyen de communication m'a permis de discuter avec des gens qui me ressemblaient et qui vivaient parfois la même situation que moi. Certains d'entre eux étaient même beaux. L'un d'entre eux était même beau, intelligent ET intéressé par moi. L'excitation ressentie face à la perspective d'une rencontre est difficile à mettre en mots : je suppose que la danse serait la façon la plus représentative d'exprimer la frénésie que j'ai vécue. Aujourd'hui, avec le recul, je peux vous dire que cet Éric (nom fictif), sans rien lui enlever, était plutôt ordinaire. Banal, même. Je vous rappelle que j'avais seize ans et c'était le premier gars que je rencontrais. Merci de ne pas me juger.

Toujours est-il que cette pseudo relation aura eu un effet fort bénéfique, en ce sens qu'elle m'aura donné le courage d'aborder la question de mon homosexualité de façon honnête avec ma petite maman. Je n'ai jamais été une personne très secrète, mais cet aspect de ma vie était déjà très mystérieux pour moi-même, je m'imaginais donc mal en discuter avec cette femme que j'aime profondément. Par contre, je me rappellerai toujours du moment où, jugeant avoir assez d'expérience, j'ai choisi de lui en parler. Je l'ai dit auparavant, je suis une personne très chanceuse à ce niveau. Laissez-moi vous raconter.

Je travaillais à l'époque dans une galerie d'arts du Vieux-Longueuil. Cela faisait peu de temps que j'avais rencontré Éric, mais je savais déjà que je n'avais pas envie de jouer à la cachette avec ma mère, qui comme toutes les mères savait déjà la majorité des choses avant même que je ne lui en parle. Or, je crois l'avoir modérément surprise. Donc, quand ma mère est venue me chercher au travail ce soir-là, je lui ai dit que j'avais quelque chose à lui annoncer. Elle était très impatiente de savoir ce que j'avais à lui dire, mais j'ai insisté pour qu'on attende d'être rendus à la maison, par souci de ne pas mourir dans un accident de la route.

Arrivés à destination, donc, nous nous sommes assis sur son lit. Je lui ai pris la mais, j'ai pris une grande respiration, puis j'ai voulu disparaître mais il était trop tard pour reculer. Je lui ai donc dit que j'étais gai. Je la regardais droit dans les yeux et j'ai vite constaté que les larmes n'étaient pas loin. Je ne comprenais pas pourquoi elle était triste, moi j'étais heureux et je voulais qu'elle le soit aussi. Elle m'a dit que la voie que j'allais emprunter n'allait pas être facile, que je m'exposais à des difficultés auxquelles les gens « normaux » n'ont pas à affronter. Colère !!!

Je vous ramène au début de mon intervention, lorsque j'ai fait part de mon mépris pour la société, qui a tendance à décider de ce que les gens doivent être pour être considérés comme « normaux ». Avec un peu de maladresse, ayant seulement seize ans, j'ai réussi à exprimer à ma mamou que la voie que j'avais choisi d'emprunter, c'était la voie de l'honnêteté et de l'épanouissement. Je lui ai fait comprendre que cacher mon homosexualité aurait été la chose à faire si j'avais voulu être un malheureux imposteur. Que ça aurait été ça, la voie difficile.

Finalement, elle a vite arrêté de pleurer.

Puis elle m'a demandé si j'avais eu des relations sexuelles. J'ai répondu non (clin d'oeil). Elle semblait avoir de la difficulté à comprendre comment je pouvais savoir que j'étais gai si je n'avais jamais concrétiser l'essentiel de ce que ça représente. Du tac-o-tac, je lui ai demandé si elle avait déjà eu des expériences avec d'autre filles. Elle m'a répondu non (j'ignore s'il y aurait un clin d'oeil à insérer, mais je présume que non). Alors je lui ai dit qu'elle n'avait pas eu besoin d'essayer pour savoir que ça ne lui plaisait pas.

Elle m'a fait un énorme sourire et elle m'a dit que j'avais une vieille âme. Qu'elle était impressionnée par la maturité avec laquelle j'avais réussi à lui faire comprendre que son inquiétude était frivole. Je l'ai prise dans mes bras et je lui ai dit que je l'aimais. Elle m'a dit qu'elle m'aimait plus que ne pouvais l'imaginer, puis elle est allée faire le souper. J'ai vite su que c'était un moment spécial parce que m'a mère n'est pas du genre à faire la bouffe,.

Par la suite, notre relation a tranquillement évolué vers ce qu'elle est aujourd'hui. Il faut comprendre que je n'étais pas naturellement enclin à être ouvert avec elle à ce sujet dès le lendemain. Il a fallu s'ajuster. Mais nous avons développé peu à peu une complicité qui nous permet aujourd'hui d'en discuter ouvertement. Qui plus est, actuellement, il n'y a plus aucun malaise. Je peux lui raconter mes joies et mes peines en amour, sans ressentir d'inconfort quand vient le temps de prononcer le mot « chum ».

Cela fait maintenant dix ans que j'ai choisi d'en parler, et je peux franchement dire que c'est le plus beau cadeau que j'aurais pu me faire. J'aime la vie que je mène, et je préfère nettement être honnête avec ma personne que d'être un imposteur. Parce que premièrement, être soi-même, c'est être bien. Et deuxièmement, it gets so much better !!!!!!!!!!!!!!

e

mercredi 10 février 2010

Tous pareils...

Loin de moi l'idée de vouloir raviver une polémique linguistique via ce médium formidable qu'est mon blogue, mais j'ai envie de partager une petite anectode avec vous.

J'ai déjà fait partie des membres du NPD. À la dernière élection fédérale, à l'automne 2008, j'ai en effet été pris d'un vent de folie et j'ai décidé de contribuer à la caisse d'un parti fédéraliste. Un gentil parti, mais fédéraliste quand même. Ceux d'entre-vous qui me connaissent bien auraient peut-être envie de crier à l'hérésie et à la trahison la plus impolie qui soit, et je n'aurai d'autre choix que d'être partiellement en accord avec vous.

C'est que, voyez-vous, les conservateurs m'horripilent. Et bien que mes penchants souverainistes m'allient naturellement avec le Bloc, force est d'admettre que ça n'est manifestement pas eux qui vont réussir à déloger ces vulgaires verrues que sont les conservateurs. Les libéraux, quant à eux, seront à jamais stigmatisés, selon moi, suite à leur hypocrisie flagrante et légitimisée qui a fait surface lors du référendum de 1995. Et sérieusement, quand un groupe de gens choisit de faire de Stéphane Dion leur chef, je me permets candidement de les juger. Enfin.

Le NPD, donc. Un vote de convenance, pas nécessairement attribué par conviction mais surtout parce que cela représentait à mon avis, à l'automne 2008, le moindre mal. Sauf qu'ils ont un gros problème, et ce n'est qu'après leur avoir donné des sous que je m'en suis rendu compte : ils communiquent avec moi en anglais, sans cesse.

À ce que je sache, on m'a demandé d'indiquer quelle était ma langue lorsque je me suis inscrit sur leur site internet. Vous ne serez sans doute pas surpris d'apprendre que j'ai répondu que j'étais francophone. Eh bien, semble-t-il que ce ne soit pas suffisant. La correspondance qui vient du responsable du Québec a comme avantage d'être rédigée en français, et c'est la un bien mince soulagement. Tout ce qui vient du head-office du parti de Jack Layton m'est adressé uniquement dans la langue de Shakespeare, sans qu'on m'offre aucune alternative. Pis encore, on m'a appelé pour me demander pourquoi je ne contribuais plus au parti, et cet appel a été fait par une unilingue anglophone qui a maugréé lorsque je lui ai demandé si elle avait un collègue qui puisse s'adresser à moi dans ma langue. C'est comme s'ils me disaient « arrange-toé avec c'qu'on t'donne, donne nous d'l'argent, pis vote », mais en anglais.

J'ai la chance de parler les deux langues. Ça n'est pas une raison pour qu'on fasse de mon choix de langue une fonction symbolique. Moi, je crois ne pas être obligé de quémander le respect, et par ceci je veux dire que câlisse, si j'ai choisi français tu m'envoies tes cossins en français pis that's it that's all, buddy pis si t'es pas content ben too bad so sad.

Eh bien, mes braves, j'en ai assez. En décembre, ils m'ont fait parvenir par courriel une invitation pour répondre à un sondage de l'université Fraser en Colombie-Britannique. C'est drôle, là ils étaient intéressés à avoir « mon opinion ». Je leur ai répondu que leur sondage unilingue ne méritait pas mon attention et que s'ils faisaient l'effort de le traduire (venez pas me dire qu'y'a personne qui parle français ni au NPD ni dans une université canadienne, ciboire) je me montrerais sans aucun doute moins récalcitrant.

Aucune réponse. Suis-je surpris ? Pas vraiment. Déçu, certainement.

Aujourd'hui, j'en ai sincèrement ras-le-melon de cette bande d'amateurs. Regardez ce que j'ai reçu comme courriel un peu plus tôt :

À: inyoureyes18@hotmail.com
De: eNDP@e.ndp.ca
Objet: I want to hear from you

My fellow New Democrat,

In December you received a survey from Simon Fraser University asking for your opinion as a member of the NDP.

If you haven’t already completed this survey, I’m asking that you do so now. You can get an electronic copy of the survey here.

Your response is completely anonymous. And your participation helps us as we strive to build a political movement that puts families like yours first.

Please complete the survey today.

Sincerely,

Sarah Dopp
Deputy National Director
Canada’s New Democrats


Ce message m'agresse. De par son ton autoritaire, et aussi de par le fait que j'avais déjà refusé leur invitation et que j'aie pris la peine de leur spécifier les raisons de mon refus. Ils n'ont rien écouté. Pathétique.

Je sais que je m'expose probablement à une foule de commentaires intolérants, et je vous invite à me traiter de tous les noms dont vous aurez envie. Moi, mon intervention à ce sujet n'est pas gratuite. J'ai été échaudé, on m'a manqueé de respect, et je choisis de partager cela avec vous. Je n'ai rien contre les anglophones, tel qu'exposé l'an dernier sur ce même blogue lors d'une vive polémique dont je garde de désagréables souvenirs, mais j'en ai contre les gens qui se bornent à ne pas vouloir saisir la réalité. Ma demande est-elle frivole ? Je ne crois pas. Alors pourquoi suis-je encore obligé de me battre pour une considération qui m'est, je vous le rappelle, supposément garantie par cette fédération ? Parce qu'on ne veut tout simplement pas me comprendre, peut-être que c'est demander un trop grand effort, je ne sais trop. Enfin.

En guise de conclusion, je joint à ce billet la réponse que j'ai envoyée cet après-midi à la personne qui a tenté de me forcer à répondre à un ostie de sondage inutile puisqu'ils se foutent clairement de mon opinion :

De : Stephan C. (inyoureyes18@hotmail.com)
Envoyé : 10 février 2010 11:01:41
À : endp@e.ndp.ca

Ms Dopp,

I chose not to participate to this survey as it is only available in English. I speak both languages, but I find it unacceptable that you keep on sending me English correspondence. When I became a member of the NDP, I was asked to indicate wether my first language was English or French, and I answered French. Surprisingly enough, I receive phone calls and emails from your organization in English only.

My frustration comes from the fact that the opposite situation would never occur. Moreover, I highly doubt that a French speaking individual or organization or institution would not make the effort to use English while communicating with you, and I think this email (that I'm writing to you in your language) is a very strong proof of what I advance. I would have been fully able to complete the survey, but as a matter of principle and fairness, I chose not to. I don't think I should have to « ask » to be addressed to in French, just as you don't need to « ask » to be addressed to in English. Sadly, this principle of mutual respect seems to be a utopian concept.

Your last email mentions that the NDP « strives to build a political movement that puts families like yours first ». I have to disagree. I have addressed my concerns about this language issue several times, and nothing has changed ever since.

Please, make the effort. It won't cost much, as you do have French speaking colleagues, and it will make such a difference. I don't feel outraged, as I am not surprised because this is the sad reality of our « country ». But I feel that this is a reason good enough for not giving the NDP the privilege of my vote comes the next election.

Merci,

Stéphan Chrétien



PS : je traduirai les passages en anglais demain. Là, chu trop fatigué. Bonne nuit !!! xxx

samedi 3 octobre 2009

Préjudice théologique


En voyant circuler cet autocar sur la rue University, je me suis d'abord mis à sourire. C'est d'ailleurs une réaction qui fût partagée par plusieurs autres piétons, aussi incrédules que moi. En tendant l'oreille, j'ai entendu deux jeunes femmes qui rigolaient en émettant plusieurs hypothèses sur ce à quoi pouvait ressembler concrètement un Christian Tour. Force est d'admettre que c'est peu banal ; jamais je n'aurais osé imaginer, même dans mes fantasmes les plus fous, que des tours de ville à saveur regilieuse puissent exister.

À vrai dire, j'étais au départ surpris qu'il y ait un marché pour ce genre d'aventure. Je me suis alors mis à réfléchir plus profondément à la question, et le sourire niais qui caractérise mon expression faciale habituelle a vite fait place à une morphologie caractérisant plutôt un intéressant mélange d'exaspération, de colère et de nervosité.

C'est que, voyez-vous, je me suis mis à imaginer un hypothéthique scénario dans lequel des tours de ville pour athées seraient organisés. Oh. La. Merde. Totale.

J'imagine tant de catholiques offensés cherchant leurs repères, qui maudiraient haut et fort la diabolique société de droit dans laquelle ils sont obligés de vivre. J'imagine les conservateurs votant un projet de loi visant à réprimer toute déviance ecclésiastique. J'imagine tous les commentateurs de la droite organiser de colossales manifestations pour protéger la société de ce mouvement luciférien qu'est l'agnosticisme . « C'est pour votre bien », qu'ils diraient. Mon cul, oui.

J'suis désolé, mais ça m'agresse de voir un autobus qui fait référence à cette religion de merde dans laquelle l'hypocrisie semble être la valeur Suprême. Ça m'agresse autant sinon plus que les cloches d'églises qui me réveillent tous les samedis et dimanches matins. Je trouve que la perversité avec laquelle s'affiche et s'impose cette organisation pourrie me cause préjudice. C'est vrai ! On m'a forcé à faire partie de la chrétienté alors que je n'étais encore qu'un coquet poupon. Si la religion était si bienveillante et transparente, on devrait hausser à 18 ans l'âge requis pour y adhérer. Ainsi, l'Église démontrerait une ouverture honorable qui se traduirait par une certaine notion de liberté, de choix. Me semble que c'est plus honorable que l'imposition systématique à tous et toutes du plus strict dogmatisme.

Remarquez, il ne s'agit que de mon opinion et elle demeure hautement réfutable. Contrairement aux religieux, je ne crois pas détenir la vérité absolue. Personnellement, je juge que cette ouverture est tout à mon honneur.

Allez en paix, mes enfants !
Votre Capitaine spirituellement autonome
xx

mardi 16 juin 2009

Je bixite

Enfin, l'affirmation est un peu prématurée : il serait plus adéquat de dire que je bixiterai sous peu. C'est que, voyez-vous, je viens tout juste de m'abonner à Bixi et j'en suis fort excité. J'ai résisté pendant quelques semaines à la tentation de m'y inscrire, mais c'est en dressant aujourd'hui la liste des pours et des contres que je me suis rendu à l'évidence : c'est un service pour moi.

Fondamentalement, je n'avais aucune objection à l'implantation de ce service. Je suis fortement pour les initiatives de ce genre, les petites révolutions qui sont pleines de bon sens et qui font que la société avance (idéalement dans le bon sens également). Les raisons pour lesquelles j'ai hésité à suivre le mouvement sont plutôt personnelles.

Tout d'abord, je suis personne qui a plus souvent qu'autrement chaud. En été, rares sont les braves qui voudront que je me colle sur eux : en effet, en plus d'avoir chaud, je dégage paraît-il une chaleur constante. Je le prendrai comme un compliment, si vous le voulez bien. L'idée, donc, de me rendre au bureau en vélo me rend un peu inconfortable. Cependant, l'idée d'attendre le métro dans une station humide et mal ventilée pour embarquer dans un train bondé de passagers plus affreux les uns que les autres me repousse encore plus. 1 - 0 Bixi.

Ensuite, et vous serez sans aucun doute d'accord avec moi si vous êtes de la région, il ne serait pas inexact d'affirmer que la météo montréalaise est plutôt burlesque. Par cela, je veux dire capricieuse, saugrenue, insolente. Il est clair qu'en adhérant au service Bixi, je ne me procurerai désormais plus de CAM mensuelle. Que faire, donc, advenant qu'un temps pluvieux s'attache à notre belle ville et refuse ainsi de la quitter pour quelques jours ? Deux solutions. La première peut être bien surprenante : il s'agit de la marche avec un accessoire tout à fait charmant, le parapluie. Je me compte vraiment chanceux de pouvoir considérer la marche à pied pour me rendre au travail : une promenade d'une vingtaine de minutes, tout au plus. 2 - 0 Bixi.

Money talks, comme y disent. Ben justement : le coût d'un abonnement annuel au vélo en libre-service est anémique par rapport à la somme devant être déboursée pour 12 passes mensuelles : 78$ pour le Bixi versus 816$ pour le métro (et ça c'est si les tarifs demeurent stables pour une année complète, chose rarissime). En plus, les trajets en vélo de moins d'une demi-heure sont gratuits. 3 - 0 Bixi.

Je crois ne pas avoir besoin d'aller plus loin dans mon argumentation, même si je le pourrais très bien (je sais que les "si" n'aiment pas les "raies" mais il y a de très rares exceptions !). On constate quand même une tendance qui donne Bixi gagnant. Vraiment, c'est un service que je me plairai à utiliser, et pas seulement pour aller travailler. Ça facilitera mes déplacements du quotidien, que ça soit pour aller au parc ou au cinéma ou encore pour raccourcir de simples trajets en cas de paresses spontanées.

J'étais, en toute honnêteté, un peu récalcitrant au départ, mais en dressant une liste telle que celle que j'ai partagé avec vous, je n'ai finalement trouvé que des avantages au service Bixi. Je vous invite à faire de même, juste pour le fun, juste pour voir si vos idées préconçues méritent, comme celles qui étaient miennes, d'être mises au rancart.

On se voit sur la piste cyclable ! Waouuuuuuuuuuuh !

mercredi 10 juin 2009

California Love, suite et fin

Succès !

On apprend aujourd'hui que le règne de Miss Hypocrisie... euh, pardon, Californie, a été abruptement interrompu, pour des raisons n'ayant apparemment rien à voir avec ses valeurs discriminatoires et ses prises de positions violemment blessantes. Paraît que la garce était trop occupée à aller prêcher la "bonne nouvelle" pour remplir ses obligations contractuelles de Miss. Résultat ? Adios, puta !

Organisons un rallye de célébrations pour fêter la déchéance de cette traînée des temps modernes ! Évidemment, on se doute qu'elle restera dans le spotlight pour quelques temps encore, mais sa crédibilité déjà déficiente vient d'en prendre un sale coup.

Votre Capitaine serait-il en train de se réjouir du malheur d'une personne ? Disons plutôt que Miss Californie a simplement ce qu'elle mérite. Elle a volontairement pris position dans un débat qui dépassait non seulement son mandat mais également ses capacités intellectuelles.

Je référerai ceux qui se demandent quel est le fond de ma pensée par rapport à cette controverse ici, ici et ici. Ai-je quelque chose à voir avec le renvoi de cette chipie ? J'aimerais donc croire que oui ! Entendons-nous donc pour dire que j'ai au moins contribué ! Ça serait bien chouette de votre part... :o)

Bonne journée là !
Cap'taine C.
xx

lundi 8 juin 2009

La nouvelle du jour

Je sais pas si c'est juste moi, mais je trouve qu'il y a beaucoup de choses qui me font sourciller dans la nouvelle que je vous présente. Il y a comme un esprit de Far West du temps de la ruée vers l'or qui s'en dégage, et vous serez d'accord avec moi si j'avance que c'est un peu surréaliste.

Les clients des bars et restaurants du Tennessee pourront bientôt venir armés de leur pistolet ou de leur revolver, en vertu d'une nouvelle loi adoptée par le Parlement régional, en dépit du veto du gouverneur.

À compter du 14 juillet, ces armes seront autorisées dans les établissements qui ne les interdiront pas, mais la loi maintient l'interdiction de consommer de l'alcool lorsque l'on porte une arme de poing. Sur les quelque 218 000 détenteurs d'un permis de port d'arme de poing au Tennessee, 278 ont perdu leur licence l'an dernier, selon les données officielles. Depuis 2005, près de 1 200 personnes ont perdu ce permis.

Trente-sept autres États des États-Unis disposent de lois similaires.


SOURCE

vendredi 5 juin 2009

Grosse surprise

Je commencerai ce billet en vous avouant n'avoir que très peu d'intérêt pour la politique municipale, et ce pour diverses raisons allant de la morosité de l'administration actuelle au manque réel de débat. Or, on apprenait cette semaine que Louise Harel serait candidate à la mairie de Montréal aux élections de novembre.

Évidemment que ça rend la chose plus intéressante. Madame Harel est une politicienne redoutable forte de plus de trente ans d'expérience. Elle représente donc une menace sérieuse pour le "maire" Tremblay. Forcément, le débat va prendre de la substance et l'intérêt pour l'élection s'en retrouvera électrifié.

C'était mon opinion de néophyte. Et j'ai rapidement déchanté.

C'est que, voyez-vous, j'avais oublié que la société montréalaise est, malgré son apparente camaraderie peut-être dû à l'esprit festif de la ville, férocement polarisée. D'un côté, y'a les fédéralistes. De l'autre, évidemment, les méchants et diaboliques souverainistes. J'aurais dû me douter que ça allait rapidement tourner au vinaigre, cette histoire. J'ai eu trop d'espoir en l'intelligence des gens et je me suis royalement trompé.

Je lisais dans la Presse ce matin un article dans lequel on relate que le quotidien The Gazette fait des parallèles entre Harel et Mom Boucher pour la simple raison qu'elle est ouvertement souverainiste. C'est beau, ça, encore. Et que ça vienne d'un grand média en plus ? Je trouve cela d'une immaturité grandiloquente et d'un manque de classe absolu. Absolu. Ça me met vraiment, mais alors vraiment hors de moi. C'est complètement bébé, inutile, vulgaire, gratuit, et j'espère sincèrement que ça va leur revenir en pleine face. Ça prouve, selon moi, qu'il y a vraiment une partie de la société qui est ultra-bornée et qui se refuse toute parcelle de lucidité.

La bonne femme, elle se présente à la mairie, sacrament. À ce que je sache, c'est pas le maire de Montréal qui va faire la souveraineté alors crissez-lui donc patience deux secondes !!!

Ce qui me dépasse, là-dedans, c'est qu'il n'y avait précédemment aucune matière à controverse dans le fait que madame Harel tente sa chance à la mairie. Jusqu'à ce que la Gazette, handicapée mentalement par son absence de transparence et d'impartialité, soit incapable de relater correctement la nouvelle. Non, il fallait absolument comparer la candidate à l'ancien chef de motards. C'est un lien qui était nécessaire, capital. Ostie !!! Ils ont quel âge, coudonc ?! Sont-ils à ce point en mal d'attention ?!?

Écoutez, je n'ai pas envie de repartir le débat Canada VS Québec. J'ai appris, au cours des années, qu'il s'agit d'un dialogue de sourd et qu'il n'y aura jamais de terrain d'entente. Jamais. Sauf qu'il est ici pertinent de se demander si cette attaque de leur part était justifiée ? Que non ! Et quelqu'un pourrait-il m'expliquer pourquoi est-ce que je devrais rester muet quand un média anglo varge gratuitement et sans bonne raison sur les souverainistes ?!?

Imaginez un instant qu'un anglo fédéraliste se soit présenté à la mairie et qu'un média francophone OSE se risquer à faire un parallèle entre ledit candidat et l'ancien chef des motards. IMAGINEZ, un instant, la merde totale dans laquelle tous les francophones serait instantanément jetés, sans aucune exception. Imaginez les réactions du Canada anglais. Imaginez les répercussions, les sermons, imaginez la haine à laquelle nous serions tous sujets. IMAGINEZ, un instant.

Cette situation est d'une absurdité inouïe car elle ne se réaliserait jamais. Je suis désolé, mais on a beau se détester, je trouve qu'il est inacceptable d'insulter gratuitement sur la place publique un individu simplement à cause de ses allégeances politiques. C'est une question de respect, de dignité dans le débat, d'intelligence et d'ouverture d'esprit. Choses qui, apparemment, font défaut à l'ostie de raisin qui autorisé la publication d'un article aussi dégueulasse dans la Gazette et à tous ceux qui l'approuvent.

Just sayin'.

jeudi 4 juin 2009

20 ans plus tard

On "célèbre" aujourd'hui les 20 ans du massacre de la place Tiananmen, en Chine. Un anniversaire symbolique qui, bon an mal an, glace toujours le sang. J'écoutais un reportage fort intéressant hier, au Téléjournal, sur l'évolution des valeurs dites révolutionnaires en Chine : l'idéal de démocratie auquel aspire la population chinoise est devenu, en quelque sorte, la conclusion d'une épopée révolutionnaire plutôt que le point de rupture. De sorte que, idéalement, de telles subordinations puissent être évitées à l'avenir.

Sur une note plus humoristique, voici deux images extraites d'un épisode des Simpson dans lequel Selma, la soeur de Marge, se rend en Chine avec toute la famille dans le but d'adopter un enfant :


vendredi 29 mai 2009

Les Simpson et la science

Je vous invite à lire ce billet fascinant que j'ai trouvé sur le site de l'Actualité, dans lequel l'auteure fait état des leçons (sérieuses) de science qu'on retrouve dans plus ou moins chaque épisode d'une émission dont je ne me lasserai jamais, les Simpson.

C'est une lecture des plus intéressantes et c'est un peu surréaliste de constater qu'une émission qui se veut avant tout humoristique puisse être à ce point recherchée et, parfois, profonde.

Également surréaliste : cette vidéo montrant Stephen Hawking discutant de son amour pour la série et du rôle qu'il y a joué dans l'un des épisodes diffusés il y a quelques années. Je ne me serais jamais douté qu'il avait un sens de l'humour si chic !

jeudi 28 mai 2009

Recommandation

Vous savez peut-être déjà que je suis allé à la bibliothèque hier et que ce fût toute une expérience. Malgré tout, j'y ai loué un ouvrage fort intéressant portant le titre de Les États-Unis dans l'information télévisée : eh oui, je suis plate comme ça. Je suis incapable (ou presque) de lire un roman, je trouve cela d'un ennui majestueux... par contre, quand il est question d'un essai à saveur psychosociale, je me sens tout excité ! Voilà pour le sociologue en moi. En plus, cette lecture me sera bénéfique pour peaufiner d'éventuelles interventions sur cet espace virtuel.

Si vous êtes fascinés par la société américaine, vous devriez alors apprécier les perspectives qui vous seront présentées dans ce bouquin. Il est d'ailleurs fort intéressant d'analyser une société par la façon dont elle nous est présentée dans les médias : c'est un point de vue qui permet de percer un certain rideau de fumée et qui force ainsi à faire la part des choses, à ne pas tout prendre pour du cash : bref, ne pas renoncer à son individualité analytique.

Vite, qu'on me donne un poste d'enseignant à l'UQÀM !

jeudi 21 mai 2009

Jouir un peu

Extrait du blogue de Chantal Hébert, l'une des analystes politiques les plus chevronnées et virulentes qui soient :


"Christian Paradis* est devenu le cauchemar de Gilles Duceppe”. Ce sont les paroles qu'a prononcées Stephen Harper, hier à Montréal.

*Pour ceux à qui la chose a échappé, Christian Paradis est député conservateur de Mégantic-L’Érable, ministre fédéral des travaux publics et lieutenant québécois de Stephen Harper. Depuis qu’il a accédé à cette dernière fonction, le Parti conservateur est tombé sous de la barre des 10% dans les intentions de vote au Québec dans les sondages de maisons réputées comme CROP et Strategic Counsel.

Cela constitue un nouveau record d’impopularité pour un parti fédéral au pouvoir et cela prouve surtout qu’aucun lieutenant, aussi vaillant soit-il, ne peut faire contrepoids à un premier ministre qui tire son parti vers le bas. M. Paradis n’est certainement pas le cauchemar de Gilles Duceppe mais il y a des jours, depuis six mois, où Stephen Harper a indubitablement été le cauchemar de son lieutenant québécois.


Voilà pourquoi je jouis un peu, ce matin. La citation de monsieur Harper, selon laquelle le chef bloquiste souffre de troubles du sommeil à cause d'un vulgaire pantin conservateur, est grotesque. C'est ce qui arrive quand on est un premier ministre grotesque, après tout, c'est pas compliqué.

J'ai partagé avec vous, pas plus tard qu'hier, le parallèle entre la droite et la stupidité (et par cela je veux dire que les gens de droite semblent vraiment vivre sur une planète magique où ils peuvent gaver avec succès n'importe qui de leurs éjaculations verbales). Merci, monsieur Harper, de faire la preuve par dix que je suis quelqu'un d'intelligent.



mercredi 20 mai 2009

La subordination de droite

Les dernières années nous auront apprises que, malheureusement, être de droite équivaut plus souvent qu'autrement à être soit borné comme un âne, soit fermé d'esprit ou encore un mélange des deux. Ça a l'air d'un jugement, mais ça ne l'est pas. Pour preuve, je vous propose l'extrait suivant, tiré de l'émission de papotage matinal The View, pendant lequel un ex-lutteur (qui a également été gouverneur du Minnesota, il est important de le préciser) tente de faire comprendre sans succès à une pimbêche de droite, Elizabeth Hasselbeck, pourquoi la torture n'est pas chouette.

L'obstination de cette dernière relève du vaudeville. Elle réclame entre autres le départ de Nancy Pelosi, chef démocrate de la chambre des représentants, parce qu'elle aurait supposément menti en affirmant ne pas avoir été mise au courant des techniques d'interrogatoires, euh, disons amplifiées, pratiquées par l'administration Bush.. Étant évidemment républicaine, Hasselbeck a une mémoire extrêmement sélective, ce qui fait d'elle un personnage risible frôlant la parodie. Enfin, je vous laisse juger par vous-même.



" Give me an hour of waterbording with Dick Cheney and I'll have him confess the Sharon Tate murder ! "

PS : Je suis allé consulter la fiche Wikipédia du sénateur-lutteur-acteur Ventura, et j'y ai fait une lecture des plus fascinantes. Vraiment intéressant comme bonhomme !

PPS : Je tiens à m'excuser auprès d'Ugly K. s'il se sent visé par certains de mes excès. Bonne journée quand même !

mercredi 13 mai 2009

California Love, la suite (encore)

Je ne reviendrai pas personnellement sur la question, y ayant déjà consacré beaucoup de temps et d'énergie. Je juge néanmoins pertinent de partager avec vous le vidéo ci-dessous, extrait de l'émission Countdown animée par Keith Olbermann, un commentateur de la trempe de votre humble Capitaine. L'extrait en question dure environ six minutes, je sais que c'est un peu long mais, si vous avez aimé ce que j'ai écrit au sujet de la très déshonorable Carrie Prejean (ici et ici), vous adorerez ce qui suit. C'est drôle, acide et complètement jouissif.

Je vous invite à porter particulièrement attention à 1:30, lorsque les supporteurs de Miss Californie, voulant encourager leur représentante, montrent une pancarte avec une risible faute d'orthographe. Aussi, à 5:15, il semble que l'animateur et moi sommes en communion tellement les propos qu'il tient ressemblent aux miens : je me sens honoré !

Sans plus attendre, chers lecteurs, voici le WTF?! Moment tant attendu :

jeudi 7 mai 2009

California Love, la suite

Tiens, tiens ! Vous vous rappelez sûrement de Carrie Prejean, l'espèce de tarte insignifiante homophobe et chevalière moderne de la chrétienté? Au cours des derniers jours, il semble que plusieurs informations à son sujet aient été dévoilées à travers les médias. L'envie d'écrire à son sujet est vraiment très, très forte. C'est qu'il est très satisfaisant de bloguer à propos des personnages risibles et de leurs inepties. Ça fait jouir un peu à chaque fois.

Toujours est-il que j'ai eu envie très fréquemment, dans les derniers jours, de bloguer à propos de Miss Californie et de ses nouvelles bourdes qui ont été exposées à travers les médias. Toutefois, j'ai choisi de faire mûrir mon plaisir. J'ai fait le choix d'attendre que la liste de ses maladresses se rallonge à un point tel qu'il me serait possible d'en faire un billet savoureusement assassin (au sens figuré du terme, rassurez-vous !). Le temps est arrivé, mes amis.

Tout d'abord, la garce est franchement hypocrite. D'un côté, elle s'auto-proclame défenderesse moderne des valeurs les plus grimacières de la religion catholique (bonjour l'humilité) et, de l'autre, elle agit de façon indigne en posant pour des magazines de charme. Vous comprenez ce que je veux dire. Alors là, je m'excuse, mais qu'est-ce que Jésus dirait ? Hein ? Viens m'expliquer, ma crisse, pourquoi c'est correct que tu agisses de la sorte alors qu'il est immoral de laisser deux personnes de même sexe se marier (et je tiens à préciser ici qu'il n'a jamais été question de mariage religieux, en plus, on parle plutôt d'unions civiles) ? C'est quoi ton argument ? Ah oui, c'est vrai, j'avais oublié que tu es intellectuellement limitée. La preuve ? Dans le formulaire d'inscription pour devenir Miss, il y a une question à laquelle doit répondre toute aspirante pour assurer aux organisateurs qu'ils n'auront pas la fâcheuse surprise de découvrir des photos impliquant de la nudité. Madame Prejean a encore une fois prouvé son hypocrisie en répondant que non, elle n'avait jamais posé ne serait-ce que partiellement nue. Ha ! Savoureux, comme anecdote.

Il est évident que les dernières semaines, elles les a passées au front. Elle a été invitée à de nombreuses émissions d'affaires publiques pour rétablir les faits et expliquer le fond de sa pensée, avec toujours le même vide. Bon. Peu importe. Elle a été contactée par la National Organization for Marriage, un organisme financé en majorité je présume par de vieux débris riches. Les efforts déployés par les membres de cette organisation pour préserver l'intégrité old-school du mariage sont majeurs. Évidemment qu'ils se sont régalés des propos de Miss Californie ! Elle est même désormais porte-parole du groupe. Wow, je suis surpris (sarcasme). Enfin. Je trouve qu'il est pertinent de partager avec vous la citation suivante, que l'on doit à l'un des membres du conseil d'administration du groupe :

"Laws against homosexual behavior should remain on the books not to be indiscriminately enforced against anyone who happens to be caught violating them, but to be used when necessary to send a clear message that those who flagrantly violate society's regulation of sexual behavior cannot be permitted to remain as acceptable, equal citizens."
Miss Californie, que je maudissais déjà, est donc désormais porte-parole d'un organisme qui veut emprisonner les gais. Calvaire ! Le Moyen-Âge c'était il y a 500 ans !!! Je n'arrive pas à comprendre comment il est encore possible aujourd'hui, en 2009, d'être aussi retardé.

Ce qui m'emmène au troisième point : la mégère californienne s'est fait payer des implants par l'organisation du concours de beauté. Ça n'est pas vraiment quelque chose de scandaleux. Mais je trouve important d'exposer tous les faits plutôt douteux concernant cette chipie. Je n'ai jamais consulté les écrits bibliques mais je suis pas mal certain qu'il doit y avoir quelque chose dans cette oeuvre de fiction qui dit quelque chose du genre : Dieu vous a fait cadeau de ce corps alors aimez-vous tel qu'il vous a créé car sinon vous allez le mettre en beau fusil et il va lancer des grenouilles dans votre soupe qui va vous éclabousser dans la face et salir votre belle robe. Me semble. Me semble aussi que la religion devrait jouer un rôle unificateur (aimer son prochain, ça vous dit quelque chose ?). Donc, il ne serait pas inexact d'affirmer que plusieurs adeptes du mouvement catholique soient sélectifs dans leurs croyances. C'est-à-dire qu'ils voient la religion comme un buffet où l'on peut prendre un peu de tout ce que l'on veut et laisser le reste aux autres. Ça semble être un concept répandu. Néanmoins, il y a de bonnes personnes au sein de l'Église, il ne faut pas en douter. C'est juste qu'on dirait que les abus sont tellement fréquents — et de moins en moins subtils — qu'il est rendu difficile de faire confiance à cette organisation. On veut présumer de la bonne foi des gens mais encore faudrait-il qu'ils essaient de gagner notre confiance.

Alors la petite qui prêche la bonne parole et qui se fait avocate de la moralité et de l'unité et de la bonne société et de la religion et des petits lapins qui gambadent dans les vallées de la Californie n'est rien de moins qu'une menteuse. Une fraude. C'est pourquoi je trouve que ses prises de positions sont absolument illégitimes. Son opinion, si vous me le demandez, ne vaut rien. Parce qu'elle est une hypocrite, et qu'il est facile d'en faire la preuve. Il faut dire que les années Bush ont en quelque sorte valorisé le concept d'hypocrisie. Je vous évite mes précisions à ce sujet, je fais confiance à votre sens de l'observation, même si je trouve cela d'une tristesse infinie. J'y reviendrai, c'est sûr et certain. Mais pas tout de suite : je trouve que j'ai été particulièrement virulent et ça, mes amis, ça demande de l'énergie !

Mais à quoi bon se battre ? C'est clair que cette mythomane va finir avec une émission à FOX News ou à un autre canal biaisé. C'est écrit dans le ciel. J'ai un peu envie de vomir.

lundi 4 mai 2009

Oh, Milk !

Je sais, je sais : je suis terriblement en retard. Par un (très) vilain concours de circonstances, je n'avais pas eu la chance de voir l'excellent film Milk avant cette fin de semaine. Par manque de temps, j'avais raté la chance d'aller le voir en salle. Par manque de club vidéo (le seul dans le Village ayant abruptement fermé ses portes sans avertissement il y environ cinq semaines, bordel !), je n'avais pas eu la chance de le regarder à la maison.

C'est désormais chose faite.

Et je vous le dis, l'attente en valait sincèrement la peine. J'ai vu, hier, un film qui m'a profondément touché. J'ai vu un film qui m'a fait réaliser que je suis vraiment chanceux de vivre à une époque où la communauté gaie n'est pas démonisée, ostracisée, réprimée. J'ai été habité, pendant tout le visionnement, par un sentiment d'impuissance qui mariait malaise et empathie. Les batailles livrées par les militants de l'époque ne m'étaient pas inconnues, mais elles relevaient néanmoins pour moi d'un passé qui n'était pas tangible.

Je dois honneur aux gens qui se sont battus pour faire avancer les droits de la communauté homosexuelle. Je suis sincèrement reconnaissant envers eux pour tous les efforts qu'ils ont déployés pour faire avancer la société, petit par petit. Pour moi et les gens de ma génération, qui n'avons pas connu l'époque où l'homosexualité était une maladie dont on pouvait guérir, les droits que nous avons ont toujours fait partie de notre quotidien. En étant bien entendu conscients que ces droits n'étaient pas innés mais bien acquis, je doute qu'on aurait pu croire que la lutte fût aussi féroce.

C'était il y a à peine 30 ans. Dire qu'il n'y a pas si longtemps encore, on comptait des marées d'illuminés intellectuellement restreints véhiculer de la propagande haineuse impunément. Dire qu'il n'y a pas si longtemps encore, on se faisait battre dans la rue en plein jour. Dire qu'il n'y a pas si longtemps encore, on attrapait l'homosexualité. Dire qu'il n'y a pas si longtemps encore, on devait masquer qui on était réellement, sans quoi violences physique et psychologique feraient partie de notre quotidien. Dire qu'il n'y a pas si longtemps encore, on se faisait traiter de personnes indignes, maudites. C'est terrible. On a l'impression que ça fait une éternité que cette réalité est dépassée. Mais non.

C'était, je le répète, il y a à peine 30 ans. Sans être parfaites, les choses sont aujourd'hui bien mieux pour nous. Mais quand on pense à tout ce qui a dû être fait pour en arriver là, on n'a d'autre choix que d'admirer ceux qui se sont battus pour nous. C'est vraiment de la bravoure.

C'est un film que tout le monde devrait voir. Sans exception.

mardi 28 avril 2009

Panneau vraiment pas hilare

Je me baladais tranquillement par une magnifique journée qui avait tout pour plaire : le mercure frôlait les 26 degrés, le ciel était d'un bleu immaculé et je venais de passer un après-midi à flâner avec Litchi au parc La Fontaine (après-midi que nous avions choisi d'agrémenter par une visite à la Banquise pour une savoureuse et ragoûtante poutine). Le genre de journée qui passe trop vite et qui fait que la vie est belle, quoi.

Nous étions donc sur le chemin du retour à la maison lorsque nous sommes passés devant le Saloon, un restaurant que j'affectionne particulièrement et qui subit depuis quelques semaines des rénovations. Il y a eu une fuite d'eau qui a causé la fermeture soudaine et temporaire du restaurant. Je veux être bien clair : j'adore cet endroit. J'y ai passé de fabuleuses soirées où j'ai eu un plaisir fou à manger et boire en tapant du pied. J'y ai toujours reçu un excellent service et j'ai eu des conversations complètement délirantes avec certains serveurs.

Maintenant que vous êtes au courant de la haute estime que j'ai pour cet établissement, et que vous connaissez également mes penchants politiques et nationalistes, il vous sera plutôt facile, je crois, de comprendre la façon dont je me suis senti lorsque j'ai vu ceci :



Incroyable. Ça m'enrage profondément, pour plusieurs raisons que je tiens à préciser.

Il y a une loi concernant l'affichage en français au Québec. Et malgré l'apparente frivolité de ma doléance, car on sait tous ce que WE WILL BE BACK veut dire en français, j'ai jugé pertinent d'aviser l'Office québécois de la langue française du choix qu'a fait l'administration du Saloon en contournant délibérément la loi. Je trouve cela complètement inacceptable. J'en ai fait part à certaines de mes connaissances et on a parfois trouvé que je grimpais dans les rideaux un peu pour rien. Oui et non. Il y a un dicton qui dit que le silence est assourdissant : je trouve qu'une absence de réaction par rapport à ce panneau serait en quelque sorte approbatrice et ouvrirait ainsi les portes à un déluge ultérieur de panneaux anglophones. Je ne permettrai jamais que cela arrive. Jamais je ne tolérerai que notre peuple finisse par accepter tel manque de respect. Il faut se battre et surtout, surtout ne pas laisser passer des choses comme celles-là.

Ce que je veux ? Que ce damné panneau soit remplacé. Qu'on envoie un message bien clair aux commerçants du Village, de la ville, voire de la province : la langue officielle au Québec, c'est le français. Oui à l'ouverture, mais non à la soumission bête et aveugle. Néanmoins, je ne veux pas nuire au restaurant en question car, je le répète, il s'agit vraiment d'un endroit agréable à fréquenter et que je continuerai d'ailleurs à encourager dans le futur : à ce sujet, ma plainte n'est pas dirigée contre le Saloon en tant que tel mais plutôt contre cette méprisable affiche et le triste message qu'elle envoie.

Ce matin sur Facebook, mon statut reflétait explicitement mon mécontentement face à cette situation. J'avoue avoir envisagé que ça passe dans le beurre, que ça ne dérange personne et que je passe pour quelqu'un qui prend ça un peu trop à coeur. Mais non ! Un déluge de commentaires encourageants, toé ! C'est rassurant de voir qu'il y a encore un certain esprit collectif qui rassemble les gens dans certaines circonstances telles que celles-ci. Ça m'encourage, en fait, à continuer à être aussi alerte et grande gueule que je le suis. Car même si la vue de ce panneau en fait sourciller plus d'un, je doute que beaucoup d'entre eux aient spontanément penser à formuler une plainte à l'OQLF.

Je vous tiens au courant des développements de la plainte que j'ai déposée ce matin !

jeudi 23 avril 2009

Don't funk with the payroll

La nouvelle est tombée ce matin : notre vice-première ministre, la très libérale Nathalie Normandeau, vit une idylle amoureuse avec un député adéquiste, François Bonnardel. Bon. Je ne sais pas trop comment réagir face à cette situation.

D'un côté, il est indéniable que les histoires de couchettes relèvent de la vie privée. Ça ne devrait pas nous regarder. D'un autre côté, toutefois, il me semble que cet imbroglio émotif soulève de nombreuses questions relatives à l'éthique, notamment. Je sais pertinemment qu'on ne choisit pas avec qui on tombe en amour. Ça arrive, c'est tout. Cependant, je me demande quelle est la nature véritable de cet amour quand les deux individus sont d'abord et avant tout des adversaires politiques — j'imagine que le cul doit être bon en ostie.

Qu'on me comprenne bien : je ne trouve pas cela scandaleux, mais j'imagine l'embarras potentiel d'un débat à l'Assemblée nationale entre Normandeau et Bonnardel sur une question X. Mettons que ça manquerait un tout petit peu de crédibilité. Il est là mon malaise. Ce sont des parlementaires, des responsables politiques qui ont été élus sous la bannière de leur parti avec un mandat clair de la part de la population. Et, aussi matures et professionnels puissent ces tourtereaux être, il est plus qu'évident qu'un jour ou l'autre, les émotions vont finir par prendre le dessus.

Imaginez qu'une banale chicane de couple se transporte au parlement, ou vice-versa. Qu'un différend politique futile en apparence prenne une proportion démesurée lors d'une chamaille à propos du partage des tâches ménagères. Genre : "On sait ben, toi l'adéquiste, t'es à droite, pis tu penses que les femmes sont juste bonnes à torcher !". Ça deviendrait trop facile de critiquer l'autre en cas d'altercation. Ça pourrait être pire : imaginez qu'il s'agisse d'une libérale et d'un péquiste ! Je doute que cela puisse être possible, mais ça fait quand même grincer des dents juste d'y penser.

Imaginez, maintenant, à quoi ressemblerait la situation advenant une éventuelle et probable rupture : on ne voudrait certainement pas être à leur place. Ouch.

Ceci étant dit, je leur souhaite sincèrement beaucoup de bonheur. Mais j'aimerais savoir, partagez-vous mon malaise ? Ou peut-être trouvez-vous que je réagis un peu trop fort pour rien ? Je vais être bien franc, je suis moi-même un peu partagé dans cette situation.

mercredi 22 avril 2009

California Love

Avant de lire mon billet, je vous invite à écouter attentivement cet extrait de la compétition Miss. USA 2009 :

Premièrement, je me demande ce que les gars straights trouvent attirant chez une femme comme celle-ci. Bien franchement, elle me repousse. Elle semble fade, inintéressante, vide, sans personnalité, superficielle, vaporeuse, capricieuse. Bref, le genre de personne facile à manipuler et à endoctriner. Un vrai r-r-régal pour les républicains et autres fanatiques religieux. La pauvre.

Pardonnez mon agressivité, mais la maladresse avec laquelle la compétitrice exprime son dogmatisme aveugle et fermé me laisse pantois. Remarquez la passion avec laquelle elle mentionne que c'est la façon dont elle a été élevée. OK, loin de moi l'idée d'affirmer qu'il est anormal pour un parent de vouloir forger ses enfants à son image, mais il me semble que le concept d'individualité est plutôt élémentaire chez l'être humain.

Suite à la diffusion de cet événement, dimanche dernier, Miss. Californie a eu l'occasion à maintes reprises de nuancer ses propos. Elle est allée payer une visite à Larry King, entre autres. Les opportunités de faire amende honorable et de se racheter lui ont été servies sur un plateau d'argent, vraiment.

Genre : si tu savais ce que tu sais aujourd'hui, es-tu certaine que tu aurais tenu exactement les même propos ? Réponse : oui, haha, voyez-vous, hahaha, c'est que, bon, j'sais pas trop comment, euh, dire, haha, mais, euh, c'est comme ça, hein, comme ça qu'on m'a élevée, haha, ouuuh aaaah hummmm j'ai échappé un crayon et je vais me pencher pour le reprendre, puis le mettre dans ma bouche de façon suggestive, haha, haha ha, haha, ha ha. Traduction libre de votre humble blogueur : je suis trop niaiseuse pour me faire une opinion à moi et c'est avec toute mon ignorance que je perpétue un concept arriéré selon lequel les gens différents sont forcéments moins bons que la masse, que Dieu bénisse tous les WASP et que les autres, s'ils existent, s'arrangent avec leurs problèmes.

Wow ! Je suis particulièrement pompé. J'aime quand je verse ainsi dans l'excès. Il faut dire que ça faisait plusieurs jours que j'essayais de bloguer, cependant il me semblait impossible de trouver un sujet qui saurait m'enflammer. Merci, Miss Californie.

Je veux être clair : elle a le droit d'être contre le mariage gai. C'est regrettable, mais c'est son droit. N'importe qui a le droit d'être contre le mariage gai. Au même titre que j'aurais le droit de m'opposer au mariage des blondasses californiennes refaites et sans intérêt. Mais elle a du front, cette garce. Et elle est rébarbative. Trouvez-moi quelqu'un qui, dans la même phrase, va être capable de dire je ne veux pas offenser personne et je suis contre le mariage des conjoints de même sexe. Euh, excuse-moi cocotte, on n'est pas tous aussi stupides que toi ; il va falloir faire un plus gros effort pour nous convaincre de ta bonne foi. Peut-être se plaît-elle à penser qu'elle est d'une intelligence supérieure et qu'elle mérite le respect. Que c'est avec succès qu'elle nous manipule et qu'elle saisit notre esprit. Grand bien lui fasse.

Ce qui est bien avec cet événement, car il y a semble-t-il toujours un côté positif, c'est que ça me fait réaliser que mes pires ennemis (ie : les conservateurs protestants homo/xénophobes favorisant une société divisée) ne sont pas tous tels que je me plaisais à les imaginer. À regarder cette femme, on ne soupçonnerait jamais pareille lubie. Mais bon. L'ouverture d'esprit et l'acceptation de la différence ne sont pas des concepts aussi accessibles qu'on aimerait le croire.

Ce constat est désolant et motivant à la fois. Il reste beaucoup, beaucoup de travail à faire avant d'arriver à créer une société dans laquelle tous sont égaux et ont les mêmes droits. Peut-être n'y arrivera-t-on jamais, mais ça vaut tellement la peine de continuer à se battre contre l'ignorance pour essayer de bâtir un monde où les personnes différentes ne seraient pas ostracisées mais plutôt intégrées. Ce qui est rassurant, par contre, c'est de savoir que cette jeune femme a fait une folle d'elle devant des millions de téléspectateurs. Plus rassurant encore : ce moment d'auto-ridiculisation peut être visionné en tout temps grâce à la magie d'internet.