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samedi 4 décembre 2010

Être soi-même, c'est être bien

(Titre excessivement cliché, mais vous comprendrez pourquoi je l'ai choisi à la toute fin de ce billet)

Parce que j'avais la ferme impression de n'avoir rien fait de mal, je me questionnais quant à savoir pourquoi je devais « avouer » mon homosexualité. J'avais de la difficulté à saisir pourquoi je devais prendre mon courage à deux mains pour dévoiler au grand jour cette réalité qui m'habitait depuis si longtemps. Est-ce qu'une personne hétérosexuelle doit l'admettre à ses parents, à ses amis, à son entourage ? Bien sûr que non, c'est ce que la société attend, et c'est pernicieux. C'est pourquoi à mes yeux, et aux yeux de bien d'autres j'en suis sûr, il est incongru que l'on étiquette les individus avant qu'ils n'aient la maturité, l'expérience et le vécu nécessaires pour avoir au moins une petite idée de la personne qu'ils sont.

Ça, c'est aujourd'hui que je le réalise. Le chemin que j'ai parcouru jusqu'à présent me permet de comprendre qu'on ne change pas tellement avec le temps, c'est plutôt une évolution (parfois) tranquille de la personne que nous sommes déjà et que nous serons toujours.

Je réalise également que je m'éloigne facilement de mon sujet. Je laisse donc de côté ma critique de la société et de ses conventions pour vous raconter comment j'ai découvert mon homosexualité, puis comment je l'ai annoncé à ceux que j'aime, à ma mère particulièrement. Personnellement, j'ai été extrêmement chanceux et je trouve que j'ai une belle histoire à raconter.

Rétrospectivement, j'ai toujours su que j'étais attiré par les hommes. Évidemment, c'est surtout lorsque la puberté est arrivée que cette attirance s'est concrétisée, mais néanmoins elle a toujours été présente dans mon corps, dans ma tête. Je me rappelle très bien la période ingrate qu'est le début du secondaire, âge auquel nous avons tous tenté de survivre, si tant est que cela soit possible. Confronté par des désirs qui n'étaient pas considérés comme normaux, j'ai jugé qu'avoir une relation avec une fille aurait été en mesure de me « réparer » et que mon appétit pour le regard des autres gars allait finir par disparaître.

Tout d'abord, il aurait fallu que ça marche. J'ai essayé, j'ai tellement essayé de développer la moindre chose que ce soit avec n'importe quelle fille, il n'y avait rien à faire. Soit que je m'y prenais vraiment mal, soit qu'elles savaient déjà qu'il n'y avait pas d'espoir à avoir avec moi. C'est probablement un mélange des deux.

N'ayant pas de gais dans mon entourage, ni dans ma famille ni dans mon cercle d'amis, je me sentais un peu isolé. J'aurais aimé avoir la chance de pouvoir en parler avec quelqu'un, il me semble que ça m'aurait aidé à dédramatiser la chose. Parce qu'il n'y a rien de grave ou de mauvais dans la découverte de sa sexualité. Au contraire, avec le recul je vois ça comme un épanouissement.

J'ai donc été un peu autodidacte dans le processus. Après l'énième rejet d'une fille, j'ai lâché prise. J'ai réalisé qu'il était plutôt contre-productif de lutter contre soi-même. Quand on est enfant, les choses sont fort simples : on n'a que très peu de questions à se poser. Que je regrettais donc cette époque ! N'ayant pas peur du défi, je me suis dit que je n'allais pas passer ma vie à regretter une époque qui n'aura duré qu'une quinzaine d'années tout au plus. J'ai donc enfilé mes gants de boxes et j'ai changé le monde. Excès... j'ai plutôt changé mon monde.

Dire que j'y suis arrivé seul serait présomptueux. Disons que j'ai eu l'aide d'une petite machine qui, en émettant des bruits bizarroïdes et agressants, parvernait à se connecter au réseau Internet - à condition d'avoir l'autorisation de la famille pour monopoliser la ligne téléphonique. Difficile d'obtenir un consensus à ce sujet. Enfin, Internet, disais-je.

Ce moyen de communication m'a permis de discuter avec des gens qui me ressemblaient et qui vivaient parfois la même situation que moi. Certains d'entre eux étaient même beaux. L'un d'entre eux était même beau, intelligent ET intéressé par moi. L'excitation ressentie face à la perspective d'une rencontre est difficile à mettre en mots : je suppose que la danse serait la façon la plus représentative d'exprimer la frénésie que j'ai vécue. Aujourd'hui, avec le recul, je peux vous dire que cet Éric (nom fictif), sans rien lui enlever, était plutôt ordinaire. Banal, même. Je vous rappelle que j'avais seize ans et c'était le premier gars que je rencontrais. Merci de ne pas me juger.

Toujours est-il que cette pseudo relation aura eu un effet fort bénéfique, en ce sens qu'elle m'aura donné le courage d'aborder la question de mon homosexualité de façon honnête avec ma petite maman. Je n'ai jamais été une personne très secrète, mais cet aspect de ma vie était déjà très mystérieux pour moi-même, je m'imaginais donc mal en discuter avec cette femme que j'aime profondément. Par contre, je me rappellerai toujours du moment où, jugeant avoir assez d'expérience, j'ai choisi de lui en parler. Je l'ai dit auparavant, je suis une personne très chanceuse à ce niveau. Laissez-moi vous raconter.

Je travaillais à l'époque dans une galerie d'arts du Vieux-Longueuil. Cela faisait peu de temps que j'avais rencontré Éric, mais je savais déjà que je n'avais pas envie de jouer à la cachette avec ma mère, qui comme toutes les mères savait déjà la majorité des choses avant même que je ne lui en parle. Or, je crois l'avoir modérément surprise. Donc, quand ma mère est venue me chercher au travail ce soir-là, je lui ai dit que j'avais quelque chose à lui annoncer. Elle était très impatiente de savoir ce que j'avais à lui dire, mais j'ai insisté pour qu'on attende d'être rendus à la maison, par souci de ne pas mourir dans un accident de la route.

Arrivés à destination, donc, nous nous sommes assis sur son lit. Je lui ai pris la mais, j'ai pris une grande respiration, puis j'ai voulu disparaître mais il était trop tard pour reculer. Je lui ai donc dit que j'étais gai. Je la regardais droit dans les yeux et j'ai vite constaté que les larmes n'étaient pas loin. Je ne comprenais pas pourquoi elle était triste, moi j'étais heureux et je voulais qu'elle le soit aussi. Elle m'a dit que la voie que j'allais emprunter n'allait pas être facile, que je m'exposais à des difficultés auxquelles les gens « normaux » n'ont pas à affronter. Colère !!!

Je vous ramène au début de mon intervention, lorsque j'ai fait part de mon mépris pour la société, qui a tendance à décider de ce que les gens doivent être pour être considérés comme « normaux ». Avec un peu de maladresse, ayant seulement seize ans, j'ai réussi à exprimer à ma mamou que la voie que j'avais choisi d'emprunter, c'était la voie de l'honnêteté et de l'épanouissement. Je lui ai fait comprendre que cacher mon homosexualité aurait été la chose à faire si j'avais voulu être un malheureux imposteur. Que ça aurait été ça, la voie difficile.

Finalement, elle a vite arrêté de pleurer.

Puis elle m'a demandé si j'avais eu des relations sexuelles. J'ai répondu non (clin d'oeil). Elle semblait avoir de la difficulté à comprendre comment je pouvais savoir que j'étais gai si je n'avais jamais concrétiser l'essentiel de ce que ça représente. Du tac-o-tac, je lui ai demandé si elle avait déjà eu des expériences avec d'autre filles. Elle m'a répondu non (j'ignore s'il y aurait un clin d'oeil à insérer, mais je présume que non). Alors je lui ai dit qu'elle n'avait pas eu besoin d'essayer pour savoir que ça ne lui plaisait pas.

Elle m'a fait un énorme sourire et elle m'a dit que j'avais une vieille âme. Qu'elle était impressionnée par la maturité avec laquelle j'avais réussi à lui faire comprendre que son inquiétude était frivole. Je l'ai prise dans mes bras et je lui ai dit que je l'aimais. Elle m'a dit qu'elle m'aimait plus que ne pouvais l'imaginer, puis elle est allée faire le souper. J'ai vite su que c'était un moment spécial parce que m'a mère n'est pas du genre à faire la bouffe,.

Par la suite, notre relation a tranquillement évolué vers ce qu'elle est aujourd'hui. Il faut comprendre que je n'étais pas naturellement enclin à être ouvert avec elle à ce sujet dès le lendemain. Il a fallu s'ajuster. Mais nous avons développé peu à peu une complicité qui nous permet aujourd'hui d'en discuter ouvertement. Qui plus est, actuellement, il n'y a plus aucun malaise. Je peux lui raconter mes joies et mes peines en amour, sans ressentir d'inconfort quand vient le temps de prononcer le mot « chum ».

Cela fait maintenant dix ans que j'ai choisi d'en parler, et je peux franchement dire que c'est le plus beau cadeau que j'aurais pu me faire. J'aime la vie que je mène, et je préfère nettement être honnête avec ma personne que d'être un imposteur. Parce que premièrement, être soi-même, c'est être bien. Et deuxièmement, it gets so much better !!!!!!!!!!!!!!

e

mercredi 10 février 2010

Tous pareils...

Loin de moi l'idée de vouloir raviver une polémique linguistique via ce médium formidable qu'est mon blogue, mais j'ai envie de partager une petite anectode avec vous.

J'ai déjà fait partie des membres du NPD. À la dernière élection fédérale, à l'automne 2008, j'ai en effet été pris d'un vent de folie et j'ai décidé de contribuer à la caisse d'un parti fédéraliste. Un gentil parti, mais fédéraliste quand même. Ceux d'entre-vous qui me connaissent bien auraient peut-être envie de crier à l'hérésie et à la trahison la plus impolie qui soit, et je n'aurai d'autre choix que d'être partiellement en accord avec vous.

C'est que, voyez-vous, les conservateurs m'horripilent. Et bien que mes penchants souverainistes m'allient naturellement avec le Bloc, force est d'admettre que ça n'est manifestement pas eux qui vont réussir à déloger ces vulgaires verrues que sont les conservateurs. Les libéraux, quant à eux, seront à jamais stigmatisés, selon moi, suite à leur hypocrisie flagrante et légitimisée qui a fait surface lors du référendum de 1995. Et sérieusement, quand un groupe de gens choisit de faire de Stéphane Dion leur chef, je me permets candidement de les juger. Enfin.

Le NPD, donc. Un vote de convenance, pas nécessairement attribué par conviction mais surtout parce que cela représentait à mon avis, à l'automne 2008, le moindre mal. Sauf qu'ils ont un gros problème, et ce n'est qu'après leur avoir donné des sous que je m'en suis rendu compte : ils communiquent avec moi en anglais, sans cesse.

À ce que je sache, on m'a demandé d'indiquer quelle était ma langue lorsque je me suis inscrit sur leur site internet. Vous ne serez sans doute pas surpris d'apprendre que j'ai répondu que j'étais francophone. Eh bien, semble-t-il que ce ne soit pas suffisant. La correspondance qui vient du responsable du Québec a comme avantage d'être rédigée en français, et c'est la un bien mince soulagement. Tout ce qui vient du head-office du parti de Jack Layton m'est adressé uniquement dans la langue de Shakespeare, sans qu'on m'offre aucune alternative. Pis encore, on m'a appelé pour me demander pourquoi je ne contribuais plus au parti, et cet appel a été fait par une unilingue anglophone qui a maugréé lorsque je lui ai demandé si elle avait un collègue qui puisse s'adresser à moi dans ma langue. C'est comme s'ils me disaient « arrange-toé avec c'qu'on t'donne, donne nous d'l'argent, pis vote », mais en anglais.

J'ai la chance de parler les deux langues. Ça n'est pas une raison pour qu'on fasse de mon choix de langue une fonction symbolique. Moi, je crois ne pas être obligé de quémander le respect, et par ceci je veux dire que câlisse, si j'ai choisi français tu m'envoies tes cossins en français pis that's it that's all, buddy pis si t'es pas content ben too bad so sad.

Eh bien, mes braves, j'en ai assez. En décembre, ils m'ont fait parvenir par courriel une invitation pour répondre à un sondage de l'université Fraser en Colombie-Britannique. C'est drôle, là ils étaient intéressés à avoir « mon opinion ». Je leur ai répondu que leur sondage unilingue ne méritait pas mon attention et que s'ils faisaient l'effort de le traduire (venez pas me dire qu'y'a personne qui parle français ni au NPD ni dans une université canadienne, ciboire) je me montrerais sans aucun doute moins récalcitrant.

Aucune réponse. Suis-je surpris ? Pas vraiment. Déçu, certainement.

Aujourd'hui, j'en ai sincèrement ras-le-melon de cette bande d'amateurs. Regardez ce que j'ai reçu comme courriel un peu plus tôt :

À: inyoureyes18@hotmail.com
De: eNDP@e.ndp.ca
Objet: I want to hear from you

My fellow New Democrat,

In December you received a survey from Simon Fraser University asking for your opinion as a member of the NDP.

If you haven’t already completed this survey, I’m asking that you do so now. You can get an electronic copy of the survey here.

Your response is completely anonymous. And your participation helps us as we strive to build a political movement that puts families like yours first.

Please complete the survey today.

Sincerely,

Sarah Dopp
Deputy National Director
Canada’s New Democrats


Ce message m'agresse. De par son ton autoritaire, et aussi de par le fait que j'avais déjà refusé leur invitation et que j'aie pris la peine de leur spécifier les raisons de mon refus. Ils n'ont rien écouté. Pathétique.

Je sais que je m'expose probablement à une foule de commentaires intolérants, et je vous invite à me traiter de tous les noms dont vous aurez envie. Moi, mon intervention à ce sujet n'est pas gratuite. J'ai été échaudé, on m'a manqueé de respect, et je choisis de partager cela avec vous. Je n'ai rien contre les anglophones, tel qu'exposé l'an dernier sur ce même blogue lors d'une vive polémique dont je garde de désagréables souvenirs, mais j'en ai contre les gens qui se bornent à ne pas vouloir saisir la réalité. Ma demande est-elle frivole ? Je ne crois pas. Alors pourquoi suis-je encore obligé de me battre pour une considération qui m'est, je vous le rappelle, supposément garantie par cette fédération ? Parce qu'on ne veut tout simplement pas me comprendre, peut-être que c'est demander un trop grand effort, je ne sais trop. Enfin.

En guise de conclusion, je joint à ce billet la réponse que j'ai envoyée cet après-midi à la personne qui a tenté de me forcer à répondre à un ostie de sondage inutile puisqu'ils se foutent clairement de mon opinion :

De : Stephan C. (inyoureyes18@hotmail.com)
Envoyé : 10 février 2010 11:01:41
À : endp@e.ndp.ca

Ms Dopp,

I chose not to participate to this survey as it is only available in English. I speak both languages, but I find it unacceptable that you keep on sending me English correspondence. When I became a member of the NDP, I was asked to indicate wether my first language was English or French, and I answered French. Surprisingly enough, I receive phone calls and emails from your organization in English only.

My frustration comes from the fact that the opposite situation would never occur. Moreover, I highly doubt that a French speaking individual or organization or institution would not make the effort to use English while communicating with you, and I think this email (that I'm writing to you in your language) is a very strong proof of what I advance. I would have been fully able to complete the survey, but as a matter of principle and fairness, I chose not to. I don't think I should have to « ask » to be addressed to in French, just as you don't need to « ask » to be addressed to in English. Sadly, this principle of mutual respect seems to be a utopian concept.

Your last email mentions that the NDP « strives to build a political movement that puts families like yours first ». I have to disagree. I have addressed my concerns about this language issue several times, and nothing has changed ever since.

Please, make the effort. It won't cost much, as you do have French speaking colleagues, and it will make such a difference. I don't feel outraged, as I am not surprised because this is the sad reality of our « country ». But I feel that this is a reason good enough for not giving the NDP the privilege of my vote comes the next election.

Merci,

Stéphan Chrétien



PS : je traduirai les passages en anglais demain. Là, chu trop fatigué. Bonne nuit !!! xxx

dimanche 17 janvier 2010

Le désir

J'aimerais avoir le contrôle sur mes désirs ; je crois que mon existence en serait beaucoup moins dramatique. C'est qu'il y a parfois des conflits entre ce dont quoi je pense avoir envie et entre ce que je désire réellement.

Bien sûr, avoir l'opportunité de contrôler cet aspect de ma personne serait équivalent à perdre une partie de mon humanité. C'est peut-être triste, mais il y a des jours où ça ne me ferait rien. Je ne suis pas quelqu'un qui aime compliquer les choses. J'aime ce qui est naturel, ce qui va de soit. Par contre, ces temps-ci, j'ai l'impression que ce qui m'est en général familier et agréable me nuit plus qu'autre chose.

Ce constat est quelque peu dérangeant. J'ose croire qu'en rétrospective, cela aura été une bonne chose. Mais en attendant, je ne trouve plus mes repères. J'ignore ce vers quoi je me dirige, j'ai la frousse. Si je pouvais au moins me concentrer sur ma propre personne plutôt que sur mes désirs passagers et somme toute frivoles, l'épreuve en serait sans aucun doute allégée.

Mais c'est quoi c'bordel ? Ce que j'ai écrit n'a aucun lien avec ce que j'avais planifié. Ouf ! I'ma got some thinkin' to do !!!

lundi 14 décembre 2009

L'équilibre

Il y a un questionnement qui revient me hanter périodiquement. Une remise en question à cause de laquelle je m'imagine être un monstre immature et insupportable nécessitant trop d'attention. Bon, je demeure réaliste : on a tous nos bibittes. Avoir des doutes sur sa personne et avoir en tête un idéal à atteindre, il me semble que c'est humain.

Je croyais que l'un de mes désirs les plus sincères était de devenir équilibré.

Après mûre réflexion, je me suis rendu compte que j'idéalisais le concept d'équilibre et que mon interprétation à ce sujet était inexacte.

L'équilibre, des fois ça en prend, et des fois il faut s'en passer.

Je repasse cette phrase dans ma tête encore et encore, et je n'en finit plus de la trouver belle. Ces quelques mots mis en contexte ont quelque chose qui vient me rassurer au plus profond de mon être.

Ce que je croyais être équilibré ne l'était en fait pas du tout. En fait, ça l'était, oui, mais trop. Je veux dire, que ça soit d'un bord ou de l'autre, du côté du trop ou du pas assez, c'est là qu'il faut faire attention.

Peut-être que c'est irréaliste de penser qu'un jour on va vraiment apprendre à dealer avec soi-même, je ne sais pas. Ce dont quoi je suis désormais convaincu, c'est que tant que je prendrai du plaisir à me découvrir et à apprendre à négocier avec moi-même, je serai équilibré. Si je passe à l'étape suivante, tant mieux.

Bonne nuit mes enfants :o)
Capitaine C.
xx

lundi 8 juin 2009

Y'a tué sa mère

Il y a de ces fois où l'on regarde un film et qu'on se sent étrangement interpellé par ce qu'on est en train de voir. Comme si l'oeuvre nous parlait directement. Mieux, même : comme si, à coups de nombreux parallèles, ça devenait un peu notre film. Ces cas, plutôt rares, sont généralement d'une puissance insoupçonnée, et c'est justement sous l'emprise de tels moments qu'on se rend compte que le cinéma est une forme d'art dotée d'une force inouïe.

C'est que, voyez-vous, je suis allé voir J'ai tué ma mère au cinéma vendredi. Je ne suis certainement pas critique de cinéma, je ne me risquerai donc pas à analyser les aspects techniques du film, mais je peux dire que ce que j'ai vu m'a profondément touché. Très profondément, même.



Premièrement, l'endroit où se déroule le récit se trouve à être l'endroit où j'ai grandi : un coin pas très reluisant de la déjà très peu reluisante ville de Longueuil. En un sens, le simple fait que l'action se situe dans cette banlieue typiquement ennuyante donne un ton assez morose, voire funeste, au film. Que ce soit juste ou non, il y a quelque chose de péjoratif qui est associé à la ville de Longueuil.

Ce qui m'a le plus frappé, par contre, et pas rien qu'un peu, est plutôt le récit lui-même. Le film raconte la vie plutôt banale d'une mère mono-parentale un peu quelconque et de son fils gai ayant une attitude plutôt rébarbative. En fait, c'est plutôt leur relation, l'archétype du concept amour / haine, qui est exposée. Les similitudes entre ce que je voyais à l'écran et ma propre expérience de vie m'ont renversées.

Je veux être clair : j'adore ma petite maman. Sincèrement. C'est une personne que je trouve tout à fait charmante et qui est profondément bonne. Ces choses, qui sont pour moi aujourd'hui évidentes et établies, je ne les voyais pas nécessairement lorsque j'étais sous l'influence de son autorité approximative. Notre relation n'a pas toujours été des plus reposantes. Je n'irais pas jusqu'à dire qu'elle était aussi explosive que celle qui est dépeinte dans J'ai tué ma mère, mais tout de même.

Évidemment, étant transposée sur grand écran, la relation qu'entretiennent les deux protagonistes est forcément grossie, au même titre que leurs personnalités respectives. Nonobstant ces détails, j'aurais pu jurer voir, par moments, ma mère et moi, dans un passé pas si lointain.

Le personnage qu'interprète avec éclat Anne Dorval ressemble étrangement au personnage qu'est ma mère. Pétillante, distraite, simple et too much à la fois, nerveuse, authentique, aimante, généreuse, tourmentée à ses heures. Le personnage de Xavier Dolan reflète plutôt la réalité d'un jeune homme en (fin de) crise d'adolescence qui, comme tout adolescent qui se respecte, développe une force de caractère qui lui était auparavant inconnue. Cet esprit, tantôt caractériel, tantôt révolutionnaire, représente une étape de la vie à travers la majorité d'entre nous passerons avec plus ou moins de turbulences. Je me suis reconnu dans ce personnage, quoique le parallèle entre lui et moi est plus vague que celui entre Anne Dorval et ma mère.

Ce film m'a fait voyager dans mes souvenirs. Surtout à cause du personnage matriarcal, en lequel je voyais ma mère à moi, tellement aimante et déstabilisée, envers laquelle on ne peut resentir autre chose que l'empathie la plus sincère.

De plus, voir Anne Dorval péter les plombs est un plaisir que nul ne devrait se refuser. Je pense en particulier à un moment vers la fin du film où, étant excité par la montée d'adrénaline de cette fabuleuse comédienne, j'ai dû lutter contre une envie irrésistible d'applaudir à tout rompre tellement c'était savoureux.

Vous aurez compris, à la lecture des paragraphes précédents, que c'est un film que j'ai grandement apprécié et que je vous recommande donc. Seules ombres au tableau : comme tout bon film de répertoire, ça s'étire pendant un peu trop longtemps et la fin semble un peu botchée. Mais ça vaut vraiment la peine. Nous avons trouvé en Xavier Dolan un créateur qui est, malgré le fait qu'il se prenne vraiment au sérieux, très prometteur.

vendredi 5 juin 2009

Grosse surprise

Je commencerai ce billet en vous avouant n'avoir que très peu d'intérêt pour la politique municipale, et ce pour diverses raisons allant de la morosité de l'administration actuelle au manque réel de débat. Or, on apprenait cette semaine que Louise Harel serait candidate à la mairie de Montréal aux élections de novembre.

Évidemment que ça rend la chose plus intéressante. Madame Harel est une politicienne redoutable forte de plus de trente ans d'expérience. Elle représente donc une menace sérieuse pour le "maire" Tremblay. Forcément, le débat va prendre de la substance et l'intérêt pour l'élection s'en retrouvera électrifié.

C'était mon opinion de néophyte. Et j'ai rapidement déchanté.

C'est que, voyez-vous, j'avais oublié que la société montréalaise est, malgré son apparente camaraderie peut-être dû à l'esprit festif de la ville, férocement polarisée. D'un côté, y'a les fédéralistes. De l'autre, évidemment, les méchants et diaboliques souverainistes. J'aurais dû me douter que ça allait rapidement tourner au vinaigre, cette histoire. J'ai eu trop d'espoir en l'intelligence des gens et je me suis royalement trompé.

Je lisais dans la Presse ce matin un article dans lequel on relate que le quotidien The Gazette fait des parallèles entre Harel et Mom Boucher pour la simple raison qu'elle est ouvertement souverainiste. C'est beau, ça, encore. Et que ça vienne d'un grand média en plus ? Je trouve cela d'une immaturité grandiloquente et d'un manque de classe absolu. Absolu. Ça me met vraiment, mais alors vraiment hors de moi. C'est complètement bébé, inutile, vulgaire, gratuit, et j'espère sincèrement que ça va leur revenir en pleine face. Ça prouve, selon moi, qu'il y a vraiment une partie de la société qui est ultra-bornée et qui se refuse toute parcelle de lucidité.

La bonne femme, elle se présente à la mairie, sacrament. À ce que je sache, c'est pas le maire de Montréal qui va faire la souveraineté alors crissez-lui donc patience deux secondes !!!

Ce qui me dépasse, là-dedans, c'est qu'il n'y avait précédemment aucune matière à controverse dans le fait que madame Harel tente sa chance à la mairie. Jusqu'à ce que la Gazette, handicapée mentalement par son absence de transparence et d'impartialité, soit incapable de relater correctement la nouvelle. Non, il fallait absolument comparer la candidate à l'ancien chef de motards. C'est un lien qui était nécessaire, capital. Ostie !!! Ils ont quel âge, coudonc ?! Sont-ils à ce point en mal d'attention ?!?

Écoutez, je n'ai pas envie de repartir le débat Canada VS Québec. J'ai appris, au cours des années, qu'il s'agit d'un dialogue de sourd et qu'il n'y aura jamais de terrain d'entente. Jamais. Sauf qu'il est ici pertinent de se demander si cette attaque de leur part était justifiée ? Que non ! Et quelqu'un pourrait-il m'expliquer pourquoi est-ce que je devrais rester muet quand un média anglo varge gratuitement et sans bonne raison sur les souverainistes ?!?

Imaginez un instant qu'un anglo fédéraliste se soit présenté à la mairie et qu'un média francophone OSE se risquer à faire un parallèle entre ledit candidat et l'ancien chef des motards. IMAGINEZ, un instant, la merde totale dans laquelle tous les francophones serait instantanément jetés, sans aucune exception. Imaginez les réactions du Canada anglais. Imaginez les répercussions, les sermons, imaginez la haine à laquelle nous serions tous sujets. IMAGINEZ, un instant.

Cette situation est d'une absurdité inouïe car elle ne se réaliserait jamais. Je suis désolé, mais on a beau se détester, je trouve qu'il est inacceptable d'insulter gratuitement sur la place publique un individu simplement à cause de ses allégeances politiques. C'est une question de respect, de dignité dans le débat, d'intelligence et d'ouverture d'esprit. Choses qui, apparemment, font défaut à l'ostie de raisin qui autorisé la publication d'un article aussi dégueulasse dans la Gazette et à tous ceux qui l'approuvent.

Just sayin'.

vendredi 1 mai 2009

Rumeurs, censure et autres réalités

Prenez une histoire assez intéressante et racontez la à un ami. Il la racontera peut-être à une de ses collègues qui elle partagera l'histoire avec son conjoint, qui répétera donc cette histoire à son jeune amant qui lui va raconter la même histoire à son amie qui travaille dans une boutique et qui se fera un plaisir certain de rapporter cette anecdote à qui veut bien l'entendre.

Il est évident que la dite histoire perd, après tant de tribulations, son authenticité et qu'elle est pimentée au gré des racoleurs, devenant ainsi rien de plus qu'une rumeur.

C'est un désagrément qui peut paraître banal à première vue. À moins que l'histoire parte de vous et vous revienne, deux jours plus tard, complètement altérée ou, si vous préférez, corrompue. Alors là, ça se gâte et ça devient plutôt gênant comme aventure.

C'est que, voyez-vous, j'ai mis en ligne récemment un certain billet, assez explosif il est vrai, qui n'a pas fait l'affaire de tout le monde et qui a paraît-il provoqué un vif débat non seulement sur internet mais aussi dans le vrai monde. Semble-t-il que vous êtes plus nombreux à me lire que ce que je m'imaginais : j'aurais aimé l'apprendre dans d'autres circonstances mais telle est la réalité.

Selon moi, et je suis convaincu que plusieurs seront d'accord avec mon avis, on retrouve deux types de personnalités sociales : néophyte et vigilante. Les néophytes, rafraîchissants, partent avec la présomption selon laquelle les gens sont fondamentalement gentils. Les vigilants, quant à eux, plus terre-à-terre, sont plutôt constamment sur leurs gardes et ne se font que très peu d'illusions : il y a une chance sur deux (et peut-être plus, dépendant de leur niveau de cynisme) qu'une personne soit pleine de merde. Vous aurez sans doute réalisé, à la lecture de mon blogue, que je suis un ardent néophyte et que j'adore ça. Ce qui me déplais le plus là-dedans ? La brutalité avec laquelle je me fais rappeler que tous ne sont pas forcément gentils et qu'il y a des gens qui sont vraiment de mauvaise foi.

Qu'est-ce que je suis supposé faire, maintenant que je réalise la portée de mes écrits ? Ceux qui me connaissent personnellement savent à quel point j'ai la critique facile et qu'il m'arrive trop souvent de dire des choses alors que j'aurais du fermer ma gueule. Est-ce que je devrais y aller moins fort ? Est-ce que je devrais tenter de nuancer mes propos ? Si je vais de l'avant et que j'écris de façon plus mature, les pensées que j'exprime ici perdront forcément leur authenticité. Si au contraire je fais le choix de me ficher de la controverse et de continuer à être solennel dans mes écrits, à quoi est-ce que je risque de m'exposer ?

Je suis conscient qu'il m'arrive fréquemment de porter des jugements. Je suis également conscient que je peux être offensant envers certains groupes de personnes, et ça n'est pas seulement sur mon blogue : ce que vous lisez, je l'ai probablement dit à voix haute au cours de la journée. Ça me met souvent dans l'eau chaude. J'y suis habitué. Mais je tiens à préciser que, sauf exception, ça n'est jamais personnel.

Ce qui me frustre dans cette nouvelle remise en question dont j'aurais bien pu me passer, c'est que je n'ai pas l'impression d'avoir fait quelque chose de mal. J'ai constaté, j'ai agi, j'ai partagé. Je n'ai pas violé une loi, à ce que je sache. Et puis BOUM ! Cette histoire me revient, complètement mais alors complètement altérée. Je trouve cela intéressant que quelqu'un puisse à ce point avoir confiance en soi. C'est soit ça ou soit que ses capacités intellectuelles sont en dessous de la moyenne. Je veux dire, bordel, l'histoire est en ligne. C'est un peu absurde de la dénaturer et de la tourner à son avantage ou contre quelqu'un ou contre un établissement. Elle est EN LIGNE. Elle est VÉRIFIABLE.

Et puis j'ai droit à mon opinion. Comme vous avez le droit de me trouver complètement fou et bon à interner. J'ai toutefois l'honneur, je crois, de partager avec vous certaines de mes réflexions les plus intimes et/ou spectaculaires en présumant de la bonne foi des gens. J'apprécierais énormément que cela soit pris en considération si jamais vous faisiez le choix de parler dans mon dos ou de véhiculer de mauvaises informations à mon sujet. Calvaire, j'ai l'impression de jouer à la victime : ça m'énerve ! Je crois néanmoins qu'il est nécessaire de me justifier en précisant mes motivations. Je n'écris pas pour me venger ; j'écris plutôt pour partager ce que je juge injuste ou aberrant, au même titre que je partage ce que je trouve sympathique et agréable. Ce n'est pas un blogue vindicatif. C'est un blogue à propos de moi et de mes (trop) nombreuses pensées. C'est un blogue à propos d'un gars ayant un esprit critique (trop) développé et une (trop) grande gueule. C'est aussi un blogue qui, j'espère, va continuer à attirer l'attention et à provoquer des débats honnêtes et civilisés.

Vous pouvez bien dire ce que vous voulez à propos de moi et de mon blogue, mais assurez-vous SVP que ça soit vrai. Parce que je trouve ça vraiment poche qu'une de mes prises de positions se soit retournée contre quelqu'un qui n'a absolument rien à voir avec la dite histoire. C'est sale, faux et gratuit.

Sur ce, je tiens à vous laisser sur une note plus agréable : dansons !

mardi 28 avril 2009

Panneau vraiment pas hilare

Je me baladais tranquillement par une magnifique journée qui avait tout pour plaire : le mercure frôlait les 26 degrés, le ciel était d'un bleu immaculé et je venais de passer un après-midi à flâner avec Litchi au parc La Fontaine (après-midi que nous avions choisi d'agrémenter par une visite à la Banquise pour une savoureuse et ragoûtante poutine). Le genre de journée qui passe trop vite et qui fait que la vie est belle, quoi.

Nous étions donc sur le chemin du retour à la maison lorsque nous sommes passés devant le Saloon, un restaurant que j'affectionne particulièrement et qui subit depuis quelques semaines des rénovations. Il y a eu une fuite d'eau qui a causé la fermeture soudaine et temporaire du restaurant. Je veux être bien clair : j'adore cet endroit. J'y ai passé de fabuleuses soirées où j'ai eu un plaisir fou à manger et boire en tapant du pied. J'y ai toujours reçu un excellent service et j'ai eu des conversations complètement délirantes avec certains serveurs.

Maintenant que vous êtes au courant de la haute estime que j'ai pour cet établissement, et que vous connaissez également mes penchants politiques et nationalistes, il vous sera plutôt facile, je crois, de comprendre la façon dont je me suis senti lorsque j'ai vu ceci :



Incroyable. Ça m'enrage profondément, pour plusieurs raisons que je tiens à préciser.

Il y a une loi concernant l'affichage en français au Québec. Et malgré l'apparente frivolité de ma doléance, car on sait tous ce que WE WILL BE BACK veut dire en français, j'ai jugé pertinent d'aviser l'Office québécois de la langue française du choix qu'a fait l'administration du Saloon en contournant délibérément la loi. Je trouve cela complètement inacceptable. J'en ai fait part à certaines de mes connaissances et on a parfois trouvé que je grimpais dans les rideaux un peu pour rien. Oui et non. Il y a un dicton qui dit que le silence est assourdissant : je trouve qu'une absence de réaction par rapport à ce panneau serait en quelque sorte approbatrice et ouvrirait ainsi les portes à un déluge ultérieur de panneaux anglophones. Je ne permettrai jamais que cela arrive. Jamais je ne tolérerai que notre peuple finisse par accepter tel manque de respect. Il faut se battre et surtout, surtout ne pas laisser passer des choses comme celles-là.

Ce que je veux ? Que ce damné panneau soit remplacé. Qu'on envoie un message bien clair aux commerçants du Village, de la ville, voire de la province : la langue officielle au Québec, c'est le français. Oui à l'ouverture, mais non à la soumission bête et aveugle. Néanmoins, je ne veux pas nuire au restaurant en question car, je le répète, il s'agit vraiment d'un endroit agréable à fréquenter et que je continuerai d'ailleurs à encourager dans le futur : à ce sujet, ma plainte n'est pas dirigée contre le Saloon en tant que tel mais plutôt contre cette méprisable affiche et le triste message qu'elle envoie.

Ce matin sur Facebook, mon statut reflétait explicitement mon mécontentement face à cette situation. J'avoue avoir envisagé que ça passe dans le beurre, que ça ne dérange personne et que je passe pour quelqu'un qui prend ça un peu trop à coeur. Mais non ! Un déluge de commentaires encourageants, toé ! C'est rassurant de voir qu'il y a encore un certain esprit collectif qui rassemble les gens dans certaines circonstances telles que celles-ci. Ça m'encourage, en fait, à continuer à être aussi alerte et grande gueule que je le suis. Car même si la vue de ce panneau en fait sourciller plus d'un, je doute que beaucoup d'entre eux aient spontanément penser à formuler une plainte à l'OQLF.

Je vous tiens au courant des développements de la plainte que j'ai déposée ce matin !

mercredi 22 avril 2009

California Love

Avant de lire mon billet, je vous invite à écouter attentivement cet extrait de la compétition Miss. USA 2009 :

Premièrement, je me demande ce que les gars straights trouvent attirant chez une femme comme celle-ci. Bien franchement, elle me repousse. Elle semble fade, inintéressante, vide, sans personnalité, superficielle, vaporeuse, capricieuse. Bref, le genre de personne facile à manipuler et à endoctriner. Un vrai r-r-régal pour les républicains et autres fanatiques religieux. La pauvre.

Pardonnez mon agressivité, mais la maladresse avec laquelle la compétitrice exprime son dogmatisme aveugle et fermé me laisse pantois. Remarquez la passion avec laquelle elle mentionne que c'est la façon dont elle a été élevée. OK, loin de moi l'idée d'affirmer qu'il est anormal pour un parent de vouloir forger ses enfants à son image, mais il me semble que le concept d'individualité est plutôt élémentaire chez l'être humain.

Suite à la diffusion de cet événement, dimanche dernier, Miss. Californie a eu l'occasion à maintes reprises de nuancer ses propos. Elle est allée payer une visite à Larry King, entre autres. Les opportunités de faire amende honorable et de se racheter lui ont été servies sur un plateau d'argent, vraiment.

Genre : si tu savais ce que tu sais aujourd'hui, es-tu certaine que tu aurais tenu exactement les même propos ? Réponse : oui, haha, voyez-vous, hahaha, c'est que, bon, j'sais pas trop comment, euh, dire, haha, mais, euh, c'est comme ça, hein, comme ça qu'on m'a élevée, haha, ouuuh aaaah hummmm j'ai échappé un crayon et je vais me pencher pour le reprendre, puis le mettre dans ma bouche de façon suggestive, haha, haha ha, haha, ha ha. Traduction libre de votre humble blogueur : je suis trop niaiseuse pour me faire une opinion à moi et c'est avec toute mon ignorance que je perpétue un concept arriéré selon lequel les gens différents sont forcéments moins bons que la masse, que Dieu bénisse tous les WASP et que les autres, s'ils existent, s'arrangent avec leurs problèmes.

Wow ! Je suis particulièrement pompé. J'aime quand je verse ainsi dans l'excès. Il faut dire que ça faisait plusieurs jours que j'essayais de bloguer, cependant il me semblait impossible de trouver un sujet qui saurait m'enflammer. Merci, Miss Californie.

Je veux être clair : elle a le droit d'être contre le mariage gai. C'est regrettable, mais c'est son droit. N'importe qui a le droit d'être contre le mariage gai. Au même titre que j'aurais le droit de m'opposer au mariage des blondasses californiennes refaites et sans intérêt. Mais elle a du front, cette garce. Et elle est rébarbative. Trouvez-moi quelqu'un qui, dans la même phrase, va être capable de dire je ne veux pas offenser personne et je suis contre le mariage des conjoints de même sexe. Euh, excuse-moi cocotte, on n'est pas tous aussi stupides que toi ; il va falloir faire un plus gros effort pour nous convaincre de ta bonne foi. Peut-être se plaît-elle à penser qu'elle est d'une intelligence supérieure et qu'elle mérite le respect. Que c'est avec succès qu'elle nous manipule et qu'elle saisit notre esprit. Grand bien lui fasse.

Ce qui est bien avec cet événement, car il y a semble-t-il toujours un côté positif, c'est que ça me fait réaliser que mes pires ennemis (ie : les conservateurs protestants homo/xénophobes favorisant une société divisée) ne sont pas tous tels que je me plaisais à les imaginer. À regarder cette femme, on ne soupçonnerait jamais pareille lubie. Mais bon. L'ouverture d'esprit et l'acceptation de la différence ne sont pas des concepts aussi accessibles qu'on aimerait le croire.

Ce constat est désolant et motivant à la fois. Il reste beaucoup, beaucoup de travail à faire avant d'arriver à créer une société dans laquelle tous sont égaux et ont les mêmes droits. Peut-être n'y arrivera-t-on jamais, mais ça vaut tellement la peine de continuer à se battre contre l'ignorance pour essayer de bâtir un monde où les personnes différentes ne seraient pas ostracisées mais plutôt intégrées. Ce qui est rassurant, par contre, c'est de savoir que cette jeune femme a fait une folle d'elle devant des millions de téléspectateurs. Plus rassurant encore : ce moment d'auto-ridiculisation peut être visionné en tout temps grâce à la magie d'internet.

jeudi 9 avril 2009

Un an de plus

Je change. Lentement mais sûrement. Et je trouve ça agréable, contrairement à ce que j'avais imaginé. Très agréable, même. Eh oui, aussi quétaine cela puisse-t-il être, je trouve que mon anniversaire est propice aux rétrospectives et, conséquemment, aux sempiternelles ébauches de rééquilibrages internes. Bon. En général, je suis assez satisfait de moi-même, de ce que je dégage, de ce que j'attire.

Je dois avouer ne pas être certain quel ton favoriser pour aborder le concept abstrait que représente le vieillissement, mais force est d'admettre que je constate depuis quelques temps déjà des changements dans ma personnalité. Je trouve formidable que, 24 ans plus tard, j'apprenne encore à me connaître. Quand on constate qu'on évolue, on se sent forcément flatté. Enfin, moi je le prends comme un compliment sincère et authentique de ma part.

J'ai de la difficulté en mettre en mots la façon dont je me sens en ce moment. Disons que j'aime beaucoup la personne que je suis en train de devenir. Il s'est passé de nombreuses choses, belles et moins belles, au cours de la dernière année, qui m'ont fait grandir, qui m'ont forcé à voir les choses différemment, qui m'ont définitivement sorti de ma zone de confort. Qui font que je voie la vie avec plus de maturité, de réalisme.

Je suis loin de dire que je suis en train de devenir vieux. Mais si je compare la personne que j'étais il y a exactement un an avec celle que je suis aujourd'hui, je réalise que j'ai grandi. Je célèbre le chemin que j'ai parcouru et j'aborde avec sérénité les mois et années à venir en me disant que les changements qui s'en viennent seront tout aussi étonnants.

Est-ce que vous me permettez de vous faire une confidence (forcément pas confidentielle étant donné que vous n'êtes pas la seule personne à lire mon billet : dualité fort intéressante) ? Je suis heureux. On n'est jamais certains de ces choses-là, je sais, mais je n'ai jamais été aussi convaincu de pouvoir l'affirmer. C'est intense en sacrament !

OK, OK... j'ai été assez sérieux. Il est maintenant temps de CÉLÉBRER !!!

mercredi 1 avril 2009

Le Maître de la sagesse

Il s'appelle Edgard. C'est un de mes collègues, qui a été référé par Ugly K. Au début, j'ai eu peur. C'est qu'Edgard a commencé à travailler avec moi à l'époque où je n'aimais pas trop la personne d'Ugly K. Inutile de préciser que j'étais en beau tabarnak. Surtout quand on m'a appris les circonstances dans lesquelles ils s'étaient rencontrés.

Oh tu vas voir, m'a-t-il dit, c'est vraiment une personne fascinante ! Je l'ai rencontré sur un blogue politique. On a la même vision, lui et moi. Un chic type.

Vous comprendrez que mon état d'esprit valsait entre la rage et le désespoir. Je m'imaginais déjà à terre, sans la moindre énergie à force de débattre sans cesse et à défendre mes idéaux. Je m'attendais sincèrement au pire : un conservateur fédéraliste inquiet du déclin de la fréquentation des églises, pour la déréglementation du port d'armes à feu et contre la contraception.

Il n'en fut rien. Ugly s'était encore foutu de ma gueule et ça donnait un semblant de légitimité à son existence. J'ai plutôt découvert une personne d'une intelligence que j'ai rarement vue. Sa personnalité, toute en subtilité, est ouverte et clémente : ses prises de positions sont, en plus d'être modérées, d'une limpidité incroyable. C'est une personne qui prend beaucoup le temps de réfléchir, et ça paraît. C'est rafraîchissant. Et en plus, il est doté d'un sens de l'humour fort raffiné. Rire avec lui est un plaisir sincère.

Hier, lui et moi discutions de l'éventuelle souveraineté du Québec. Et c'était une discussion intelligente, sobre, frugale, réfléchie. Je suis même resté calme. C'est un exploit, en particulier dans le cas d'une conversation sur un sujet qui m'enflamme autant. Et ça n'est qu'un exemple, car il n'est pas rare qu'Edgard et moi entreprenons des discussions pas toujours légères.

C'est à travers ces débats francs et enthousiastes que j'ai appris à connaître Edgard. J'aime la façon dont sa sobriété témoigne d'une intelligence au-dessus de la moyenne. C'est un sage. C'est ainsi qu'il s'est mérité le surnom de Maître de la sagesse. Je prends aussi plaisir à l'appeler Ministre de la Raison, Capitaine Caramel (oui oui, ça vient de là !) et, plus récemment, Reine B.

Pourquoi Reine B. ? Parce que quand il bitche, c'est toujours chic. Raffiné, je vous disais. C'est pourquoi vous trouverez, au-dessus de son bureau, le panneau qui suit :

mercredi 25 mars 2009

Coupable

Je suis une personne plutôt joviale. Sans nécessairement avoir une personnalité unidimensionnelle, j'ai tendance à favoriser les côtés légers et festifs de la vie. Les émotions plus sombres sont pour moi source mortelle d'ennui : elles ne me vont tout simplement pas bien.

J'aimerais quand même pouvoir prendre la vie avec un peu plus de sérieux ; être moins naïf, plus réfléchi, moins innocent, plus nuancé, moins superficiel, plus mature, moins désinvolte, plus raisonnable. Mais c'est sincère.

Je me suis longtemps cherché et, ce que j'ai trouvé, c'est un petit gars qui aime saupoudrer un peu de bonne humeur autour de lui. C'est pas plus compliqué que ça. J'ai essayé d'aller plus loin, de creuser, de voir s'il y aurait d'autres traits par lesquels je pourrais me définir, mais ces recherches furent infructueuses. Non, ce qui me va bien, je l'ai trouvé. Et avec le temps, j'ai appris à être à l'aise avec ma personnalité, et même mieux : j'ai appris à m'assumer.

Je suis passé maître dans l'art de la légèreté. Enfin, presque. Je maîtriserai cet art à la perfection lorsque je cesserai de me sentir coupable d'être simplement de bonne humeur.

J'adore la dualité exprimée par mes tourments : j'écris, le plus sérieusement du monde, sur ma pimpante et pétillante personnalité. Intéressant.

Comme vous pouvez le constater, ça ne veut pas dire que ma vie est plus facile que celle d'un autre. J'ai mes moments Impossible Princess*, moi aussi. Justement, l'écriture de ce texte est un de ces moments. Je fais le choix de présenter cela sous un angle assez gai. C'est coquet, et j'aime bien la coquetterie.

*Impossible Princess est le titre de l'album le plus introspectif de Kylie Minogue. Les thèmes explorés sur ce disque sont plutôt surprenants, venant de la petite poupée de la pop : la solitude dans la célébrité, manifestations constantes de désirs contradictoires, le sensation d'être dans un vide perpétuel, la recherche de soi, la peur d'avoir raté sa vie. Je vous recommande fortement de lire les paroles de la chanson Dreams, d'une touchante et désarmante beauté.

mercredi 11 mars 2009

Bande de losers

Ça s'est passé au Winners de la place Montréal Trust au mois de février :

— Excusez-moi madame, où est-ce que je peux trouver les bas ?
Hum... je... je... do you speak english ?
— Euh... oui je peux, mais vous, vous ne parlez pas français ?
Uh, no... sorry.

La pauvre ! Il y a quelqu'un, quelque part, qui a jugé qu'il n'y avait aucun problème à embaucher une unilingue anglophone et de la faire travailler sur le plancher. Wow. Wow, wow, wow, wow, wow, WOW !!!

Je n'en veut pas nécessairement à l'employée en question, car après tout c'est son problème si elle préfère être inculte et fermée d'esprit. Ça me fait honnêtement chier, mais jusqu'à preuve du contraire je la considérerai comme une personne inférieure étant donné son incapacité à apprendre la langue qui est parlée là où elle habite.

J'ai le désir féroce que le gestionnaire ayant eu la brillante idée de faire travailler des unilingues sur le plancher vienne m'expliquer le fond de sa pensée. Qu'il me regarde droit dans les yeux, et qu'il me dise les réflexions qu'il aura entreprises avant de prendre une décision qui, en plus d'être discutable, a tout l'air d'un immense fuck you au visage des Québécois.

J'aimerais qu'il la regarde droit dans les yeux, également, si elle devait lui expliquer comment elle s'est sentie quand je lui ai demandé si elle parlait français.

Winners : quelle bande de losers !!!