lundi 30 mars 2009

De l'hypocrisie en Amérique

Il y a certaines choses qui demeureront toujours pour moi un mystère. Je pense par exemple à diverses inepties : le fanatisme systématique des défenseurs du port d'armes à feu, la "gastronomie" Anglaise, l'idéologie du parti libéral du Québec, entre autres choses. Je ne m'attarde pas trop à ces sujets ; de toute façon, je ne suis pas convaincu que le temps d'une vie soit suffisant pour arriver à y comprendre quoi que ce soit.

Il y a par contre des âneries plutôt savoureuses qui valent la peine qu'on s'y intéresse : je parle ici du procédé de classification de la MPAA, l'équivalent américain de la Régie du cinéma du Québec et de ses cotes plutôt concrètes de 13, 16 et 18 ans et plus.

Bon, la société américaine n'en est pas à un paradoxe près, j'en conviens. Je trouve qu'il est par contre plutôt inélégant de la part des autorités "morales" de tolérer la violence mais de condamner tout ce qui frôle la sexualité. J'ai beau tenter de me mettre à la place d'un américain moyen, je n'arrive toutefois pas à comprendre la logique selon laquelle un meurtre est plus tolérable qu'une scène érotique.

Vous voulez un exemple ? Que vous répondiez oui ou non, en voici un : j'ai tenté de faire le choix entre deux films diamétralement opposés afin de comparer la cote qu'ils ont reçus de la part de la MPAA. Je me suis arrêté sur Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain et Live Free Or Die Hard. Pas banal, comme comparaison.

Amélie : un film qui nous laisse sur un high incroyable tant on se sent bien, léger et rassuré à propos de la race humaine. Délicat, vaporeux, séduisant, élégant, douillet, frais, tendre, raffiné, soigné. Vous voyez le genre.

Die Hard : un film divertissant certes, mais qui ne fait évidemment pas dans la dentelle, ne serait-ce que par son titre. Brutal, froid, coléreux, vulgaire, violent, gratuit, et ainsi de suite.

La toute douce Amélie, donc, est vedette d'un film coté R for sexual content, s'il-vous-plaît. R = toute personne âgée de moins de 17 ans doit être accompagnée d'un adulte. Si ma mémoire est bonne, les seules références sexuelles dans le récit sont lorsqu'au tout début, Améli-Mélo se demande combien de personnes sont en train d'avoir un orgasme à ce moment précis. Ah oui, il y a aussi la scène où le narrateur mentionne qu'Amélie a déjà essayé de faire l'amour et que ça ne lui a pas vraiment plu. Gros plan sur le visage d'une Amélie désinvolte. Appelez-vite l'escouade des moeurs, je vous en prie.

An R-rated motion picture, in the view of the Rating Board, contains some adult material. An R-rated motion picture may include adult themes, adult activity, hard language, intense or persistent violence, sexually-oriented nudity, drug abuse or other elements, so that parents are counseled to take this rating very seriously. Children under 17 are not allowed to attend R-rated motion pictures unaccompanied by a parent or adult guardian. Parents are strongly urged to find out more about R-rated motion pictures in determining their suitability for their children. Generally, it is not appropriate for parents to bring their young children with them to R-rated motion pictures.

Die Hard, film dont je n'ai nul besoin de préciser le contenu, s'en est quant à lui sorti avec une cote PG-13. Concrètement, le PG-13 est équivalent à notre 13 ans et plus. Ça devient encore plus intéressant en lisant ce qui suit et en le comparant avec la description de la cote 'R' :

A PG-13 rating is a sterner warning by the Rating Board to parents to determine whether their children under age 13 should view the motion picture, as some material might not be suited for them. A PG-13 motion picture may go beyond the PG rating in theme, violence, nudity, sensuality, language, adult activities or other elements, but does not reach the restricted R category. The theme of the motion picture by itself will not result in a rating greater than PG-13, although depictions of activities related to a mature theme may result in a restricted rating for the motion picture. Any drug use will initially require at
least a PG-13 rating. More than brief nudity will require at least a PG-13 rating, but such nudity in a PG-13 rated motion picture generally will not be sexually oriented. There may be depictions of violence in a PG-13 movie, but generally not both realistic and extreme or persistent violence. A motion picture’s single use of one of the harsher sexually-derived words, though only as an expletive, initially requires at least a PG-13 rating. More than one such expletive requires an R rating, as must even one of those words used in a sexual context. The Rating Board nevertheless may rate such a motion picture PG-13 if, based on a special vote by a two-thirds majority, the Raters feel that most American parents would believe that a PG-13 rating is appropriate because of the context or manner in which the words are used or because the use of those words in the motion picture is inconspicuous.

Loin de moi l'idée de jouer au prude défenseur de la moralité moderne, après tout je suis et demeure un adorable vicieux, mais c'est d'un ridicule absolu.

Classer Die Hard 13 ans et plus, ça me va. Je m'en crisse, même. Mais interdire Amélie aux moins de 17 ans frôle le mépris. Je sais que la moitié du pays vote républicain, mais il y a quand même des limites à la faiblesse de l'esprit, non ?! C'est complètement surréaliste. Ça ne fait pas de sens. C'est tout à fait fascinant ! Ça passe dans le beurre, ça n'offusque personne. C'est rendu banal, quoi.

Je suppose que les gens responsables de classifier les films aux États-Unis d'Amérique ont été choisis en fonctions de critères favorisant la vassalité à l'intelligence.

Contraste de société : au Québec, Amélie peut être vue sécuritairement (!) par tous. Elle ne pervertira pas votre esprit ni celui de vos jeunes, soyez rassurés. Die Hard est plutôt classé 13 ans et plus. Me semble que ça fait un peu plus de sens. Me semble.

dimanche 29 mars 2009

Nouveau !

Et de trois ! Voici mon nouveau tatouage, le troisième, tout frais tout chaud, en exclusivité mondiale pour vous chers et fidèles lecteurs de mon coeur :

jeudi 26 mars 2009

Ugly K. (partie 2)

Vous vous rappelez d'Ugly K. ?

Imaginez-vous donc que sa mère a lu mon billet. Et elle l'a aimé ! Elle me l'a même dit au téléphone. Elle semble être une femme tout à fait charmante. J'aimerais bien la rencontrer, un jour. Je suis certain qu'elle pourrait me raconter de savoureuses anectodes à propos de mon collègue et de son enfance au Liban.

J'avais envie de partager cela avec vous. J'ai été flatté par le fait qu'il juge mon texte assez intéressant et pertinent pour le partager avec sa douce maman. C'est extra crème-fouettée !

mercredi 25 mars 2009

Just sayin'...

C'est ma fête dans 14 dodos.
:D

Divorce


C'est le genre de critique qu'on est habitués d'entendre de la bouche des non-croyants, des athées, des agnostiques... quoiqu'il n'y rien de vraiment surprenant à entendre même des catholiques critiquer Ben Le Pen (jeux de mots pas très subtil, j'en conviens, mais efficace). Mais ça, c'est complètement - bile !!!

Voici un texte publié dans La Presse d'aujourd'hui, écrit par une ex-catholique qui en a gros sur le coeur :

Cher Benoît, je casse
Cher Benoît, quand on s'est rencontrés, tu étais le petit nouveau, fraîchement pontifié», un vent de fraîcheur sur le Vatican. Les boutiques de souvenirs n'avaient même pas achevé de faire fondre leurs vieux bibelots de Jean-Paul II que tu régnais déjà en prince de la chrétienté.

Quand je t'ai vu sur ton balcon doré, avec tes lunettes fumées EasyClip, j'ai pensé: des EasyClip! Seul un pape branché sur son temps peut arborer la technologie EasyClip. Malgré tes verres noircis, j'ai bien vu ton regard de braise. Des milliers de fidèles se prosternaient pour louanger ta bonté et ta grâce, mais toi, tu ne regardais que moi. Nous étions en parfaite communion, mon Benichou. Non. Pas d'attendrissement. L'heure n'est plus au minouchage.

Assieds-toi bien sur ton trône maintenant, car mon annonce va t'ébranler la soutane. Mon chéri, c'est décidé, je casse. Attends. Laisse-moi t'expliquer. Non, il n'y a personne d'autre. Non, Allah ne m'a pas séduite. La promesse de 100 000 vierges me laisse froide. Non, Lucifer ne m'a pas fait de l'oeil. Tu ne me trouveras pas dans ses bras velus quand tu iras le rejoindre en enfer. Ne cherche pas de larron à condamner. Le seul responsable de ta chute, mon Benichou, c'est toi.

Tu te souviens de ce matin de janvier, à Saint-Pierre de Rome? Il avait neigé sur la coupole de la Basilique. Ou était-ce les fientes de pigeons? Peu importe, puisque tes promesses de lendemains meilleurs m'ont enveloppé le coeur. Tes souhaits de paix dans le monde m'ont percé l'âme. À tel point que j'ai rejoint la queue leu leu de brebis indiscrètes souhaitant fouiner dans ta sainte demeure.

En espionnant ton royaume, j'ai vu comme tu avais fort bon goût; tout y était de marbre et d'or. Et pas de l'or cheap. De l'or de pape. Oh! Comme je t'aimais, mon chéri. Tu étais mon Obama blanc. J'étais la Yoko de ton John, L'ostie de ton tabernacle.

Mais voilà. Tu me jetas une première pierre avec l'histoire de cet évêque de tes amis: le négationniste Williamson. Comment as-tu pu me faire ça?!? Tu sais comme j'adore les juifs; j'ai le coffret complet de Seinfeld et tous les films d'Adam Sandler en Blue-ray. Heureusement, tu as su changer ta chasuble d'épaule. Hélas! les affronts ont continué. Tu affirmais protéger la vie. C'était ton argument dans l'affaire de la fillette brésilienne de 9 ans, avortée parce qu'enceinte de son beau-père. Ciel! Pourquoi as-tu abandonné la mère de l'enfant, les médecins salvateurs, et gardé près de toi l'infâme? N'as-tu pas l'esprit sain? «Qu'à cela ne tienne, je peux le changer!» me suis-je alors dit. La foi déplace les montagnes. Hosanna au plus haut des cieux!

J'aurais dû me douter que tu recommencerais. Toutes mes copines m'avaient prévenue. De simple méchant pape, tu t'es changé en assassin. En criant haut et fort que le condom était une mauvaise solution pour lutter contre le sida, là, je me suis dit: soit il est insensé, soit il est diabolique. D'une façon ou d'une autre, mon chéri, tu es dangereux. Y'a de l'aide pour ça. Appelle. Fais-le pour toi. Et pour tous ces gens qui mourront du VIH par ta faute. Fais-le pour les enfants africains qui naîtront condamnés. Ainsi soit-il.

Si Éric Lapointe est capable, pourquoi le représentant de Dieu sur Terre n'y rriverait-il pas? Retire-toi aux îles Turquoise avant qu'on ne s'en prenne à toi. Malheureusement, je ne serai plus là pour toi. Tu peux m'oublier, pour toujours. Et si jamais on se croise, je te prie de changer de trottoir.

André-Anne LeBlanc
L'auteure est étudiante à l'École nationale de l'humour.


Savoureux. La seule chose que je peux rajouter, c'est un lien vous menant directement à un formulaire d'apostasie. En vous souhaitant une agréable journée, tiens !

Coupable

Je suis une personne plutôt joviale. Sans nécessairement avoir une personnalité unidimensionnelle, j'ai tendance à favoriser les côtés légers et festifs de la vie. Les émotions plus sombres sont pour moi source mortelle d'ennui : elles ne me vont tout simplement pas bien.

J'aimerais quand même pouvoir prendre la vie avec un peu plus de sérieux ; être moins naïf, plus réfléchi, moins innocent, plus nuancé, moins superficiel, plus mature, moins désinvolte, plus raisonnable. Mais c'est sincère.

Je me suis longtemps cherché et, ce que j'ai trouvé, c'est un petit gars qui aime saupoudrer un peu de bonne humeur autour de lui. C'est pas plus compliqué que ça. J'ai essayé d'aller plus loin, de creuser, de voir s'il y aurait d'autres traits par lesquels je pourrais me définir, mais ces recherches furent infructueuses. Non, ce qui me va bien, je l'ai trouvé. Et avec le temps, j'ai appris à être à l'aise avec ma personnalité, et même mieux : j'ai appris à m'assumer.

Je suis passé maître dans l'art de la légèreté. Enfin, presque. Je maîtriserai cet art à la perfection lorsque je cesserai de me sentir coupable d'être simplement de bonne humeur.

J'adore la dualité exprimée par mes tourments : j'écris, le plus sérieusement du monde, sur ma pimpante et pétillante personnalité. Intéressant.

Comme vous pouvez le constater, ça ne veut pas dire que ma vie est plus facile que celle d'un autre. J'ai mes moments Impossible Princess*, moi aussi. Justement, l'écriture de ce texte est un de ces moments. Je fais le choix de présenter cela sous un angle assez gai. C'est coquet, et j'aime bien la coquetterie.

*Impossible Princess est le titre de l'album le plus introspectif de Kylie Minogue. Les thèmes explorés sur ce disque sont plutôt surprenants, venant de la petite poupée de la pop : la solitude dans la célébrité, manifestations constantes de désirs contradictoires, le sensation d'être dans un vide perpétuel, la recherche de soi, la peur d'avoir raté sa vie. Je vous recommande fortement de lire les paroles de la chanson Dreams, d'une touchante et désarmante beauté.

mardi 24 mars 2009

Concours 'jeune correspondant'

Je viens de recevoir un courriel de Radio-Canada m'informant qu'ils étudient présentement ma candidature. Plus de détails le 30 mars. C'est très, très énervant cette histoire. Je me permets de jubiler avec modération (quelle figure de style intéressante !) et je vous invite à vous joindre à moi !

Bénita l'Amour (partie 1)

Ce résumé n'est pas disponible. Veuillez cliquer ici pour afficher l'article.

Go, go, Barry O. !

Je suis en admiration pour cette photo qui a été prise lors de la visite de Barack Obama à Ottawa le mois dernier :

vendredi 20 mars 2009

Concours 'jeune correspondant'

Wahou ! Je viens de m'inscrire à un concours de Radio-Canada : on court la chance d'aller passer une semaine avec un correspondant à l'international pour réaliser une série de reportages. J'ignore quelles sont mes chances mais je suis quand même excité ! Ça serait complètement malade si je gagnais !!!

Il m'a fallu composer un texte à propos de ce qui représente pour moi un enjeu majeur de l'actualité internationale, ainsi qu'un autre texte dans lequel je relate mon intérêt certain pour l'actualité. J'ai choisi de partager avec vous ces deux textes.

La présente crise économique est d’une ampleur que personne n’avait osé appréhender ; les efforts déployés par le gouvernement Américain sont donc d’une envergure équivalente. Gigantesque, massif, titanesque, voire monstrueux… tels sont les qualificatifs pouvant être attribués au plan de relance proposé par Barack Obama. L’homme fait face à une épouvantable crise dès ses premiers jours au pouvoir : le taux de chômage atteint des sommets, l’accès au crédit se resserre sans cesse, même les grandes corporations — banques, constructeurs automobiles — envers lesquelles on avait jadis une confiance absolue se résignent désormais à quémander de l’aide gouvernementale.

L’administration Bush, c’est bien connu, n’était pas bien chaude à l’idée de réglementer les secteurs financiers. Or, une pléiade de signes avant-coureurs s’étant manifestée sur une période de plusieurs mois, on aurait été en mesure de s’attendre à une action gouvernementale sans précédent. Il n’en fut rien. Avec, pour résultat, la crise que l’on connaît aujourd’hui.

À mesure que les dépenses de l’État augmentent et que ses revenus diminuent, les américains ont-ils vraiment les moyens, à court terme, d’améliorer leur sort ? C’est à coup de 800 milliards de dollars qu’on tente de redonner au système économique sa vigueur d’autrefois : d’où provient cette somme astronomique ? De quelle façon Barack Obama va-t-il pouvoir appliquer ces urgentes réformes alors que le Sénat est profondément divisé sur toute question économique ?

« Yes we can » : je suis bien d’accord. Mais comment ?

J'aurais également écrit à propos de la dégradation des droits de la personne en Russie, cependant j'ai manqué de temps. En toué cas. Bref, voici l'autre texte à propos de me passion pour l'actualité :

J'essaie à tout prix d'éviter les clichés, mais il m'est impossible de débuter sans dire que le Téléjournal représente pour moi une sorte de religion.

Malgré la récente démocratisation de l'accès à l'information et le développement des technologies nous permettant de nous informer, rien n'est aussi humain qu'un bulletin télévisé. Quand on lit le journal, on choisit ses nouvelles. L'information qu'on en retire est forcément biaisée. J'aime la perspective qu'on me présente un bulletin qui me donnera une vision certainement plus globale, plus collective de l'actualité.

Il est également fort intéressant de constater, dans le contexte d'une entrevue, à quel point les gens tentent par tous les moyens de refuser de répondre à une question. Être témoin de la perspicacité d'un chef de pupitre ou d'un journaliste, c'est être témoin de toute la voracité qui entoure le domaine de l'actualité.

Voilà, donc. L'information, c'est féroce. Je me considère chanceux d'avoir une conscience qui me pousse à être curieux et à ne pas nécessairement croire tout ce que l'on me présente sans d'abord faire ma petite enquête personnelle. Mes études en sociologie m'ont beaucoup apprises à ce sujet.
Sans systématiquement tout remettre en question, il est souvent bénéfique d'avoir une vision de perspectives par rapport à l'information. Ne pas tout prendre pour du "cash".

C'est une opportunité gigantesque qui s'offre à moi en soumettant ma candidature pour votre concours : je jubile à l'idée de penser que je serai peut-être choisi ! J'apprécie sincèrement l'attention que vous porterez à ma candidature.

Souhaitez-moi bonne chance, d'accord ?! Ça serait vraiment trop chou !!!